Les Mauriciens font face depuis plusieurs semaines à une vague de chaleur incommodante. Or, la chaleur, couplée à l’humidité qui prévaut actuellement, crée un environnement propice pour le développement des acariens, moisissures et autres champignons. Le problème, c’est que ceux-ci sont à l’origine de nombreuses allergies et problèmes respiratoires, et ce sous plusieurs formes, comme la toux, le sifflement des bronches, la rhinite et, de manière plus sérieuse encore, l’asthme. En outre, plus il y a d’humidité, plus ces risques s’accentuent. Le Dr François Ip, médecin généraliste et acupuncteur, fait le point.
Les pluies torrentielles des derniers jours ont fait grimper le taux d’humidité à travers l’île. Et couplée à la chaleur, l’environnement devient très propice pour l’apparition de problèmes respiratoires. « Les poumons peuvent tolérer une certaine quantité d’humidité, mais quand pendant quelques jours, dans l’air, il y a des spores de champignons, cette condition aggrave l’état de santé des personnes allergiques et asthmatiques. » Les premiers symptômes se présentent alors. « La personne va commencer à avoir des difficultés à respirer. Elle pourra prendre de l’air plus facilement qu’elle ne pourra expirer. Lorsqu’elle expire l’air, elle peut entendre des sifflements. L’atmosphère humide peut provoquer une toux et des flegmes. Le corps humain a ses réflexes. La toux est un réflexe pour se débarrasser des flegmes. Quant aux narines bouchées, c’est un moyen d’empêcher que d’autres allergènes n’entrent. Et l’éternuement sert à expulser l’irritant. Si cela ne réussit pas à travers l’éternuement, le nez coule alors pour s’en débarrasser », explique le Dr Ip. Mais d’où viennent les flegmes ? « En temps normal, des glandes produisent un peu de liquide à l’intérieur de notre corps. Mais quand les irritants sont en excès, les glandes fabriquent plus de liquides. Si le mucus est blanchâtre, il n’y a rien de bien mauvais. Mais s’il est jaune ou vert, cela signifie qu’il y a des bactéries », poursuit-il.
Par ailleurs, ajoute le médecin, la chaleur couplée à l’humidité nous expose davantage aux champignons, « qui provoquent des mycoses de la peau, principalement entre les plis, tels les cuisses et les aisselles ». Lorsque le temps est chaud et humide, « on transpire davantage pour évacuer la chaleur et pour que le corps se rafraîchisse », dit-il. « Mais chez les bébés, quand la transpiration ne peut sortir, lorsque les pores de la peau, plus petits que ceux de l’adulte, sont bouchés, des boutons rouges, connus comme “boutons de chaleur”, apparaissent. Cela provoque des irritations et, à force de se gratter, cela peut créer une infection. »
Que faire lorsque ces problèmes surgissent ? « Pour diminuer l’humidité, on peut allumer le climatiseur si on en a un. L’air devient alors plus sec et l’atmosphère se refroidit. Si un asthmatique fait une crise, il doit prendre ses traitements habituels. Et s’il ne va pas mieux, il doit consulter son médecin. On peut aussi utiliser un ventilateur pour lutter contre la chaleur. Il est en revanche déconseillé de porter des vêtements épais : privilégier les vêtements en coton ! »
Et l’acupuncture dans tout cela ? « L’acupuncture peut aider. Par exemple, un asthmatique peut suivre un traitement d’une demi-heure pour avoir un soulagement. On le soigne et on attend de voir comment son état évolue. Mais si l’asthme est chronique, on peut faire une séance toutes les semaines pendant la saison où le patient est plus enclin à être souffrant », poursuit le Dr Ip. Outre les problèmes respiratoires, le médecin met en garde aussi contre les nourritures, qui se détériorent plus rapidement au contact de davantage de champignons dans l’air. D’autre part, ceux susceptibles de souffrir de rhumatismes sont plus affectés par temps humide. « Si une personne travaille dans un endroit très humide et très chaud, elle risque d’avoir un coup de chaleur ou “heat stroke”. Sa température peut monter au-delà de 40° et elle peut s’évanouir. Au lieu de continuer à transpirer, elle cesse de transpirer. Son état est alors très sérieux. Il importe de rafraîchir alors le malade tout de suite avec tout ce que l’on peut avoir de frais sous la main, comme des cubes de glace ou un ventilateur. On peut aussi le tenir à l’ombre, lui enlever ses vêtements. Ensuite le tamponner avec un linge humide », ajoute le Dr Ip.
Comment lutter contre l’humidité à la maison ? Une maison non aérée présente des inconvénients pour la santé. Il importe donc de renouveler l’air en vue d’éviter le développement de bactéries et la stagnation des acariens. Vous pouvez aussi contrôler le taux d’humidité de votre logement à l’aide d’un hygromètre dans chacune des pièces. Il faut ainsi savoir qu’il est recommandé d’avoir un taux d’humidité inférieur à 50% en été et de moins de 30% en hiver. Enfin, aérez les pièces de votre maison quotidiennement et pensez à avoir recours aux peintures anti-humidité lors de la rénovation de votre maison.