Fami pa content, la nouvelle pièce des Komiko, s’est jouée à guichets fermés lors de son lancement la semaine dernière. Un nouvel exemple de la popularité de la troupe auprès des Mauriciens. Voilà 17 ans que Komiko existe. Malgré les difficultés, le wagon continue d’avancer…
Cette année, Komiko fête ses 17 ans. De spectacles, de fous rires et de bonne humeur pour la troupe et pour son public. Qui répond toujours présent à chaque nouvelle pièce. Les premières représentations de Fami pa content se sont faites à guichets fermés le premier week-end. Jeudi dernier, il y avait une très bonne assistance. “Heureusement que le public nous suit. Sans lui, nous ne serions pas là. Nous leur en sommes extrêmement reconnaissants. C’est pour cela que nous faisons tout notre possible pour lui proposer des spectacles de qualité”, souligne Miselaine Duval. Si la troupe attire toujours le public, c’est aussi grâce à sa créativité et à son homogénéité. Komiko se compose d’une quinzaine de comédiens, mais fait parfois appel à ses anciens membres.
La troupe trouve aussi moyen de se réinventer, donnant leurs chances à des nouveaux venus. C’est le cas de Sandy Allarakh. La Franco-Mauricienne joue le rôle de Marie-Clarence (la nouvelle mariée) dans Fami pa content.
Kafét@
Komiko tourne aujourd’hui à un rythme d’enfer : un spectacle par mois. C’est du moins l’objectif que s’est fixé Miselaine Duval. Si la troupe a l’occasion de se présenter sur scène aussi régulièrement, c’est avant tout grâce au Kafét@, qui est en opération depuis une année.
Cette salle s’est révélée essentielle à la survie de l’humour mauricien. Car si le Kafét@ appartient aux Komiko, ils ne sont pas les seuls humoristes à s’y produire. Yannick Guylène, Les Trois Moustikers et bien d’autres ont aussi investi ce lieu magique pour donner libre cours à leur passion.
L’amour du métier
“Komiko, c’est mon rêve”, affirme Miselaine Duval. Une phrase qui vient du fond du coeur et qui sonne comme une déclaration d’amour pour ce métier. Aujourd’hui encore, Miselaine Duval et ses complices prennent du plaisir à jouer sur scène et à faire rire leur public. “Le rire est une thérapie, nous en sommes convaincus. Ce n’est pas qu’un loisir, c’est une passion. L’humour est notre gagne-pain. Si nous ne nous battons pas, nous ne pourrons pas en vivre. C’est parfois difficile, mais nous devons avoir confiance en nous-mêmes et continuer à aller de l’avant. C’est l’avenir de l’art et de la culture qui en dépend”, soutient Miselaine Duval. 
Prise de risques
Il n’est un secret pour personne qu’il est très difficile de vivre de son art à Maurice. Mais la locomotive Komiko est toujours en marche. Ce sont les risques qu’a bien voulu prendre la troupe qui l’ont menée à bon port. “Les artistes ici ne veulent pas prendre de risques et nous pouvons le comprendre. Moi, je crois qu’il faut prendre des risques dans ce métier. Nous sommes passés par des moments de doutes, mais nous n’avons jamais laissé tomber.”
Cette mentalité de fonceurs est d’autant plus louable lorsqu’on sait que ce métier n’est pas reconnu à sa juste valeur par les autorités. Avec les salles de théâtre en décrépitude et le manque flagrant de considération envers les artistes, les encouragements pour aller de l’avant sont minimes. “Dans d’autres pays, l’État accorde des subventions à des troupes de théâtre. Ici, ce n’est pas le cas. Nous faisons tout nous-mêmes. Nous allons chercher des sponsors, nous nous débrouillons avec les moyens du bord”, confie Miselaine Duval. 
Projets
Ce désir d’aller de l’avant se lit parfaitement dans les projets que Komiko a réalisés et ceux qui sont annoncés. Le Festival du Rire a connu un véritable succès depuis sa création. Cette année encore, Komiko répondra présent en juillet.
Mais ce n’est pas tout. La troupe viendra cette année avec la Komiko Award Night. “On va demander aux comédiens de monter une pièce de théâtre humoristique. Ce sera ouvert aussi bien aux amateurs qu’aux professionnels.” Miselaine Duval proposera également son deuxième one-woman show. Sans oublier l’école de théâtre de la troupe, qui redémarre bientôt.
Dans les jours qui viennent, Komiko s’envolera pour l’Australie dans le cadre d’une tournée. “Komiko est en train de s’exporter et c’est une très bonne chose. Nos comédiens reçoivent des formations de personnes de l’étranger. Nous ne restons pas sur place, nous avançons.”