— Tu as vu ça, toi. C’est la fin du monde, je te dis.

— C’est la fin du monde parce que le Speaker a expulsé deux députés du Parlement ? Ils l’ont bien cherché.

— Je ne suis pas en train de te parler de ce cirque-là, moi. Je te parle du virus. Tous les pays sont touchés et il y a des morts partout. C’est la fin du monde, je te dis. Dieu est en train de punir les hommes.

— Arrête de causer comme dans les sectes, enfin ! Ce n’est qu’une épidémie, toi, il ne faut pas paniquer. La grippe fait beaucoup plus de morts tous les ans. Et je ne te parle pas du sida, du diabète et des maladies cardiaques.

— Oui, mais tu as vu à quelle vitesse il circule ce virus. Ce n’est pas normal, toi.

— C’est à cause de la presse et des médias sociaux. Ils surdramatisent. Quand il y a un finale de foot ou de tennis sur Facebook, tout le monde est expert. Maintenant tout le monde est devenu spécialiste médical et donne son diagnostic sur une épidémie sur les réseaux sociaux !

— Il y a beaucoup de gens qui écrivent n’importe, c’est vrai. Mais tout de même, toi, tu as vu ce qui se passe en Chine, en Italie, en Iran et maintenant en France, toi. On va vers la fin je te dis.

— Arrête de paniquer et de causer n’importe, donc.

— Mais tu ne regardes pas la télévision française, alors ? Toutes les chaînes ne parlent que du virus.

— Je viens de te dire que les réseaux sociaux et la presse surtout les télévisions exagèrent.

— Mais tout de même, toi. Le gouvernement français dit que l’épidémie est inexorable et a pris des mesures pour les hôpitaux tout ça. Ils sont en alerte trois, je crois.

— Oui, mais les écoles et les universités ne sont pas fermées

— C’est vrai que comparé à Maurice où dès qu’il pleut on a un congé mauvais temps mais tout de même. Il faut se laver les mains souvent, arrêter de faire des bisous, de se serrer la main un Français qui ne fait pas la bise

— parfois quatre fois de suite -, ce n’est plus un français !

— Il vaut qu’il fasse moins de bise, mais n’attrape pas le virus, non ? — Tu sais au moins qu’il n’y a plus de masques et de produits pour se laver les mains en France. Les stocks sont épuisés.

— J’espère que ces masques et ces gels ne sont pas fabriqués en Chine, sinon

— Ayo, j’avais pas pensé à ça. Avec le virus, les Français sont devenus de grands laveurs de mains ! Remarque qu’ils ont raison. Il faut faire barrage à l’épidémie.

— De toutes les manières, et même en dehors des précautions contre l’épidémie, un peu de respect de l’hygiène ne peut pas faire de mal aux Français.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Que c’est bien se laver les mains plusieurs fois par jour, mais qu’il ne faudrait pas se limiter à se laver les mains seulement.

— Je ne comprends pas ce que tu es en train de dire. Tu ne peux pas causer normalement ?

— Je dis que beaucoup de Français ont des rapports lointains avec l’hygiène. Tu sais qu’ils font plus souvent la bise qu’ils ne se lavent la figure ou prennent une douche ?

— Qu’est-ce que tu es en train de raconter ?

— Pas mal de Françaises passent beaucoup de temps dans leur salle de bains. Devant leur miroir pour se maquiller, pas pour se doucher !

— Manman ! Je ne savais pas que tu étais devenu antiFrançais comme ça, moi. Toi qui ne rates pas une activité des centres français !

— Je ne suis pas plus anti-Français que toi. Je te parle d’une étude que l’on vient de faire et que la télévision française vient de diffuser.

— Les Françaises seraient “malangues” à ce point-là ? Ne me dis pas ! Et pourtant quand tu les vois dans la rue, dans le métro, dans les magasins, dans les magazines elles sont top, toi. Bien habillées, bien maquillées et tout.

— Mais il n’y a pas que les Françaises les Français aussi sont pas mal dans ce domaine.

— Là tu exagères vraiment. Ils ne se maquillent pas cette quantité, quand même !

— Ils ne se maquillent pas autant, mais…

— Mais quoi ? Tu ne vas pas me dire qu’ils passent plus de temps devant leur miroir que sous la douche, tout de même !

— Je ne sais pas combien de temps ils passent sous la douche. Mais en tout cas certains ne changent de slip qu’une fois toutes les deux semaines.

— Quoi ! Ils portent le même slip pendant 15 jours.

— Oui, toi. C’est dit dans l’étude. C’est pourquoi je dis que ce ne sont pas seulement les mains qu’il faut laver pour éviter le virus.

— Hé toi, jamais j’aurais cru une affaire pareille. Leurs femmes et leurs copines acceptent ça ?

— C’est pas dit dans le rapport, mais quand on pense qu’elles-mêmes passent plus de temps devant le miroir que sous la douche

— Hé toi jamais j’aurais cru. Quinze jours avec le même slip. Mais ce slip doit être un véritable foyer d’infection ! Aussi dangereux que le coronavirus !