HORRIBLE! Ce mot est sur toutes les lèvres depuis que notre île paradisiaque est secouée par la mort atroce de plus de quatre femmes depuis le début de 2014. Que se passe-t-il dans notre société ? Que se passe-t-il dans la tête du tueur, mari ou conjoint ? Le FBI aurait pu venir enquêter chez nous croyant que Dexter est à Maurice ou encore la chaîne Discovery aurait bien pu réaliser une émission sur ces évènements sordides.
Ces crimes atroces sont indépendants des couches sociales de ces familles. Il y a eu et il y aura beaucoup d’études pour démontrer les statistiques ou bien pour venir avec des théories qui resteront au fond des tiroirs. Entretemps, nous allons comptabiliser des morts. Mieux, une marche pacifique sera organisée. Chouette, je participerai et je dormirai bien le soir !
Notre société est au bord de la crise sociale et beaucoup de gens ne le réalisent pas.  Quand on a dit oui pour le meilleur et pour le pire et qu’après on découpe son conjoint à la scie, cela ne signifie qu’une chose: ce sentiment de faire du mal a été nourri pendant des années (et non des mois ou jours) et après la soupape de sécurité est partie en cacahuète et boom ! L’irréversible.
Les deux facteurs qui se retrouvent souvent dans les box des accusés sont l’adultère et le manque de revenus. Le second est palpable avec la baisse du pouvoir d’achat des Mauriciens. Faisons une incursion dans les années 80, les Mauriciens étaient pauvres, avaient beaucoup d’enfants mais ces parents arrivaient tant bien que mal à joindre les deux bouts et de surcroît pouvaient économiser. Maintenant, la plupart des jeunes ont du mal à arrondir les fins de mois, et le niveau d’endettement est alarmant.
Notre société est devenue consommatrice. D’ailleurs, vous n’avez qu’à voir le nombre de supermarchés et hypermarchés par nombre d’habitants. Ces endroits sont perçus comme des centres de loisirs ! Des personnes font leurs courses en famille, et c’est aussi un moyen de distraire ou sortir la famille. Manque de loisir, dirons-nous ! Ou manque d’imagination, dira l’autre ! On est une île. Combien de Mauriciens savent nager ou vont pêcher ? Un exemple parmi tant d’autres. Aller méditer…
L’autre cause accusatrice est certainement liée à notre bien aimée chaîne nationale, la MBC.  Elle n’est pas seulement là pour faire les éloges du gouvernement mais elle a un rôle très important à jouer sur le comportement de la population. Sur les dizaines de chaînes qu’elle commercialise, une bonne partie est dédiée à des séries, télé novelas et films dramatiques. Ces séries nous montrent des familles qui s’entre-déchirent, des scènes de jalousie entre frères, soeurs, cousins, cousines, tantes, oncles,  etc. Des séries qui durent des années et que la censure a jugé sans mention ou PG (« piti gete »). Maintenant, on s’interroge pourquoi en notre île, si paisible qu’elle en a l’air, il y a des crimes aussi atroces que ce dont on a témoigné ces derniers jours.
Un changement radical est plus que nécessaire car cela n’est que la partie émergée de l’iceberg. La cocotte est au bord de l’implosion. Des activités de loisirs doivent être proposées au grand public. Cela doit être des activités abordables, simples et attractives pour faire évacuer le stress lié au travail, à l’endettement et aux responsabilités parentales et conjugales. Cela, les collectivités locales le font très bien avec les moyens limités qu’elles ont. Le gouvernement doit venir avec des initiatives plus concrètes pour encourager des compagnies privées à organiser des activités en vue de soulager la pression de la cocotte, et cela devrait être inclus dans la liste du CSR.  Le gouvernement a ses limites et doit le reconnaître, et c’est là que les compagnies privées entrent en jeu. Le gouvernement doit agir en tant que facilitateur et créer cette plateforme pour que le privé puisse apporter ce petit quelque chose que réclame la population.
Mais la meilleure chose à faire quand un couple part en cacahuète, c’est la séparation temporaire ou définitive. Mais cela, est-ce possible sans le regard des autres ? Est-ce que notre société a évolué sur ce plan-là? Hypocrisie, quand tu nous tiens…