Le Théâtre Serge Constantin est à moitié vide ce vendredi 24 mai. La première du one-woman show écrit par Katrin Caine et Diane Hardy n’a pas drainé les foules, mais propose sur scène un numéro de qualité. I Am A Good Girl est une comédie musicale pour une voix. Katrin Caine incarne avec justesse et crédibilité un personnage fantasque : la blonde superficielle dans toute sa superbe. Une bonne dose d’humour dans le scénario rend la protagoniste fort sympathique.
Souvenirs.
Ses préoccupations ? Trouver une tenue adéquate et perdre du poids pour ne pas déroger à son ancienne réputation de fille la plus populaire du lycée. Elle est invitée à une réunion d’anciens élèves, et reverra son premier boyfriend, rencontré vingt ans plus tôt. Ses souvenirs sont mis à jour à travers Popular (extrait de la comédie musicale Wicked). Les années lycée sont aussi marquées par Mr Sandman. Un standard servi en finesse par la crème des jazzmen mauriciens. Et une soprano visiblement heureuse dans un rôle taillé sur mesure.
Les confidences reprennent entre deux chansons. Et d’une voix qui susurre, la good girl raconte son premier baiser, une escapade nocturne dont la discrétion est troublée par le cri hérissé du chat qui laisse traîner sa queue. Cri fort bien imité par la narratrice de ces aventures adolescentes. Le jazz est doux pour Do it Again, musique écrite par George Gershwin.
I Am A Good Girl est ponctué de pointes comiques. On appréciera les frasques d’une gentille blonde qui, par solidarité avec une copine, se rase un sourcil… Ou la jeune femme toute contente d’avoir son premier appartement. On retrouve la chanteuse lyrique, le temps d’un couplet. Une petite vocalise “opératique” pour rire un bon coup !
Passion.
Un beau brun ténébreusement romantique lui brisera le coeur; notre blonde brisera le pare-brise de sa voiture. Il a su lui faire perdre la tête dans un transport de fièvre. Quoi de mieux que Fever de John Davenport et Eddie Cooley pour exprimer tant de passion ? Une situation de rupture appellera une chanson de circonstance. Grand moment de frisson : entendre Katrin Caine reprendre The Winner Takes It All dans une orchestration pour jazz-band, réalisée par le pianiste Olivier David…
I Am A Good Girl restitue les étapes amoureuses d’une femme anonyme; probablement la quarantaine sensuelle d’une fashionista qui veut s’amuser et plaire. Une femme moderne dont les émotions sont éventées dans un répertoire d’un autre temps. Des spectatrices sont montées sur scène esquisser un sensuel déhanchement aux côtés de Katrin Caine pour clore I Am A Good Girl.