Soixante-dix-neuf personnes ont été condamnées dans des cas de corruption depuis l’institution de l’Independent commission against corruption (Icac) – de 2003 à novembre 2011. C’est ce qu’a avancé le directeur de la commission Anil Kumar Ujoodha lors d’un forum organisé hier dans le cadre de la Journée internationale contre la corruption et traitant de la structure mise en place dans le secteur public.
L’on a fêté hier la Journée internationale contre la corruption. L’occasion d’organiser un forum sur la question dans le contexte local. L’Icac, par l’entremise de son directeur – Anil Kumar Ujoodha –, a ainsi pu mettre en avant le nombre de personnes arrêtées par ses services pour des cas de corruption. Et le nombre élevé, soit un total de 79 entre 2003 et novembre dernier.
« These convictions encompass the various forms of corruption such as conflict of interest, bribery, trafic d’influence, abuse of office etc », souligne-t-il. Et d’ajouter que 135 autres cas sont toujours en attente en cour intermédiaire. M. Ujoodha note par ailleurs que 70 nouveaux cas sont en moyenne logés tous les ans, et ce même si la majorité des affaires ont été rapportées en 2008 et que les procès sont en cours depuis 2009.
L’intéressé observe également que le délit le plus récurrent est le « public official using his office for gratification », suivi du « bribery by public official ». Le conflit d’intérêt est la troisième forme de corruption la plus rapportée dans la fonction publique.
Du fait de la petitesse de Maurice, poursuit-il, tout le monde se connaît, ce qui rend difficile la dénonciation. « C’est encore tabou », souligne-t-il, avant de reconnaître que les moeurs évoluent. Car la lutte contre la corruption, dit encore M. Ujoodha, est l’affaire de tous, et la bataille ne peut-être gagnée que si chaque Mauricien fait « sa part du travail ». Il est ainsi important, selon lui, que les organisations aient des « well-established processes for monitoring all aspects of their corporate health and issues of significant risk, and that they do not sweep bad news under the carpet, but rather ensure that they are solved at the right time ».
En vue d’améliorer la situation dans le secteur public, un mécanisme de contrôle de la corruption et de la promotion de l’intégrité a été mis en place, notamment au sein de la force policière, au département de l’État civil et à la municipalité de Vacoas-Phoenix. Il s’agit du Public sector anti-corruption framework (PSACF), lancé en décembre 2009. Une initiative menée par l’anti-corruption committee instauré dans le secteur public. Objectif : « Enable public bodies to take up ownership of building corruption resistance in their respective organisations. » Le directeur de l’ICAC indique que le programme est désormais étendu à une dizaine de départements, dont la Home affairs division du bureau du Premier ministre.
Pour renforcer la structure, une cinquantaine de fonctionnaires et membres des collectivités locales ont été formés. Le but, fait ressortir M. Ujoodha, est de « build anti-corruption capacity of staff and empower them in corruption prevention principles and anti-corruption skills ».
L’Icac a également procédé hier au lancement d’un Corruption risk management (CRM) guide destiné au secteur public. Là encore, il s’agit, dit-il, d’éduquer la population car « l’intégrité doit être apprise, cultivée, remise en question et améliorée ». Et de poursuivre : « The organisation must constantly focus on both upgrading the integrity of systems and people. »
Ont aussi pris la parole au forum un représentant de la police et un de la municipalité de Vacoas-Phoenix, ainsi que l’acting manager du bureau de la Banque mondiale à Maurice, Rafaael Munoz Moreno.