Preetam Daby, entraîneur d’écurie qui porte son nom au Champ-de-Mars et ancien jockey, a été entendu par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) vendredi sur sa relation avec Tony Riacca et sa compagne Natasha Caprice. Ces derniers sont copropriétaires du cheval Black Parrot, qui court pour le compte de Preetam Daby. Ce dernier a fait ressortir qu’après avoir pris connaissance des liens entre Tony Riacca et un réseau de drogue, il a fait l’acquisition des parts du couple. Il avance que le suspect avait présenté son certificat de moralité et avait une clearance du Mauritius Turf Club (MTC) avant d’investir chez lui.
L’entraîneur a affirmé ne pas connaître personnellement le couple qu’il a rencontré pour la première fois avant le début de la saison. Preetam Daby avance que c’est lui qui avait fait venir à Maurice ce hongre bai de 3 ans en février. C’est alors que des investisseurs acquièrent une part (share) ou la totalité du cheval. Pour Black Parrot, Tony Riacca et sa compagne ont chacun acquis 25 % d’action. L’entraîneur a reçu Rs 175 000 de Natasha Caprice à travers un versement bancaire pour sa part. Cependant, Preetam Daby a insisté que le couple détenait « enn ti par selman » de l’équidé et non la moitié. Or, les documents en possession des hommes de Navin Bheekarry démontrent le contraire. Depuis l’arrestation du suspect, l’entraîneur a déclaré que d’autres propriétaires ont racheté les parts que détenaient Tony Riacca et sa compagne, et ne comprend donc pas la raison d’un ordre de saisie sur son cheval. « Zot nepli proprieter Black Parrot », a-t-il déclaré à l’ICAC. Pour le moment, le cheval reste à l’écurie en attendant que les enquêteurs fassent le nécessaire pour prendre possession du cheval.
Après son interrogatoire, Preetam Daby a été autorisé à partir à ce stade de l’enquête. Cependant, l’ICAC compte lui demander de revenir avec des documents et relevés bancaires par rapport à l’acquisition de Black Parrot. C’est le troisième entraîneur au Champ-de-Mars a être convoqué par la commission anticorruption cette année après Simon Jones et Jean-Michel Henry. L’ICAC estime que le caïd Peroumal Veeren a utilisé les courses hippiques pour blanchir l’argent en provenance du trafic de drogue à travers des prête-noms. Pour le cas de Black Parrot, Tony Riacca et sa compagne ont « acheté » une voiture auprès du concessionnaire Sunshine Autos Ltd, qu’ils ont revendue par la suite à un particulier pour Rs 450 000. Ils ont alors puisé dans cette somme pour investir dans le cheval de l’écurie Preetam Daby. L’ICAC soupçonne que Peroumal Veeren a utilisé d’autres moyens pour blanchir son argent grâce aux courses hippiques.