L’Independent Commission against Corruption (ICAC) a interpellé le notaire Vinay Deelchand le vendredi 12 juillet dans le sillage de l’enquête sur des usuriers ayant dépouillé des victimes n’ayant pu rembourser la totalité de leur prêt.

Les enquêteurs sont en présence d’informations à l’effet que le notaire a touché des commissions de 10 à 20% sur des biens qui ont été transférés au nom du casseur Presram Sookur (63 ans). Or, l’ICAC estime que cet acte est illégal, car les clients n’ont jamais été informés que leurs biens immobiliers ou encore les “Horsepower” qu’ils ont déposés comme garantie allaient changer de main. Une source à l’ICAC avance que « tout transfert doit être effectué en présence du propriétaire, où un avoué doit lui expliquer la démarche de son créancier pour que le client puisse par la suite solliciter un avis légal ».

Vinay Deelchand, de son côté, a nié les accusations portées contre lui et devait faire valoir son droit au silence. Mais les enquêteurs ont répliqué qu’ils sont en possession d’actes de transfert portant sa signature et des tampons de son bureau. Il estiment que l’avoué a empoché une grosse somme d’argent à travers ce stratagème, dont le montant est évalué à plus de Rs 2 M. L’équipe de Navin Beekarry s’intéresse également à l’avoué Ahmad Gopee, qui a déjà été interrogé une première fois en avril.

Selon nos renseignements, il devra à nouveau faire le déplacement au Reduit Triangle bientôt. Le casseur Presram Sookur a, lui, été arrêté en novembre 2017 sous une accusation provisoire de blanchiment d’argent, soit sous l’article 3(1) de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA). Il proposait des prêts à des forts taux d’intérêt, dont le pourcentage augmentait si le client n’arrivait pas honorer ses mensualités. Il leur faisait signer un papier en blanc et pouvait disposer de leurs biens sans avoir à les consulter. Ce ne qu’après des mois que des victimes ont appris qu’elles n’étaient plus propriétaires de leurs biens, alors qu’elles continuaient à rembourser leur emprunt.

L’ICAC a appris que le profil des clients correspond à ceux ayant besoin d’argent très vite et ne peuvent attendre les procédures administratives d’une banque. À travers cette activité illégale, le sexagénaire a fait fortune en amassant des biens estimés à Rs 50 M. Pour ne pas éveiller les soupçons des autorités, comme la Mauritius Revenue Authority (MRA), il a transféré la majorité de ses millions sur les noms de proches, tant à Maurice qu’à l’étranger. Mais l’ICAC a mis des attachments orders sur plusieurs de ces biens.