Le Sub-Inspector Lepoigneur a été interrogé par l’ICAC jeudi en présence de son avocat, Me Gavin Glover. Le policier a été confronté à ses relevés bancaires, les enquêteurs ayant en effet noté des transactions par rapport à des mouvements de grosses sommes d’argent. Le policier a nié les accusations de maldonnes portées contre lui et devait demander du temps à la commission afin de réunir les documents nécessaires pour expliquer la provenance de cet argent. Il a été autorisé à partir librement du Reduit Triangle à ce stade de l’enquête, en attendant qu’un rendez-vous soit fixé pour une prochaine séance d’interrogatoire.

Selon nos renseignements, l’ICAC est également en présence de documents de la police concernant des paiements destinés à des policiers ayant fait des “extra duty”. Sauf que ces officiers n’ont pas encore obtenu leur dû après plusieurs mois. L’équipe de Navin Beekarry a appris que le sub-inspector Lepoigneur, qui travaillait jusqu’à tout récemment à la Police Research & Development Unit (PRDU), était en charge du paiement de ces allocations à ces policiers. Les enquêteurs ont également convoqué, à titre de témoins, les Revenue Clerks de différentes divisions, qui devront confirmer s’ils ont déjà “processed” les papiers de ces policiers et donné le feu vert pour les paiements. Sauf que le nécessaire n’a pas été fait au niveau de la PRDU.

C’est sur la base d’une lettre anonyme que la commission anti-corruption a démarré une enquête sur le SI Lepoigneur, considéré comme proche du commissaire de police, Mario Nobin. Plusieurs policiers se sont plaints de n’avoir pas obtenu leur “extra-duty” pour des tâches remontant à l’année dernière. L’ICAC a appris que le policier avait pour responsabilité de donner le feu vert pour décaisser l’argent sur les comptes des policiers. Les enquêteurs veulent savoir si l’argent pour le paiement se trouve bien dans la caisse de la police ou sur d’autres comptes bancaires.

Outre les allégations d’“extra-duty” à l’encontre du SI Lepoigneur, la lettre contient également des dénonciations concernant les “bourses” attribuées aux policiers pour que ces derniers se rendent à l’étranger afin de suivre des formations. Or, certains aux Casernes centrales disent n’avoir jamais été sélectionnés, malgré leurs compétences, et que les bénéficiaires sont « toujours les mêmes têtes ». Les enquêteurs estiment que le policier n’aurait pas pu agir seul et n’écartent pas la possibilité d’écouter sa hiérarchie. Depuis le mois dernier, le SI Lepoigneur a été transféré au poste de police de Souillac.