Le Registrar de l’Université de Technologie de Maurice a été arrêté hier par la Commission anticorruption (ICAC) sous l’article 7 de la Prevention of Corruption Act. Sanjiv Kumar Babooa a toutefois retrouvé la liberté après avoir payé une caution de Rs 15 000. Une charge provisoire de « public official using office for gratification » a été logée contre lui.
Sanjiv Kumar Babooa était suspendu de ses fonctions depuis trois mois pour « avoir faussé les minutes of proceedings d’une réunion du board de l’UTM », dont il est le secrétaire. Cette rencontre concernait le recrutement de certaines personnes à l’institution tertiaire.
Selon les informations recueillies sur le campus de l’UTM, tout le contentieux autour des recrutements dans cette institution aurait commencé avec la nomination de l’épouse d’un ministre au poste de Dean of Faculty alors qu’elle n’aurait pas les qualifications requises. La University of Technology Act stipule que c’est le Registrar qui agit en tant que secrétaire au board et au Staff Committee (SC).
Le Registrar sélectionne ainsi les candidats potentiels et soumet une liste au SC qui nomme un interview panel pour se pencher sur le dossier des candidats. Le comité remet ensuite ses recommandations au board à qui revient la décision finale. Or, il est reproché à Sanjeev Kumar Babooa d’avoir embauché certaines personnes au sein de l’administration de l’UTM sans des qualifications requises. « Des Word Processing Officers qui ne possèdent même pas de School Certificate ont été recrutés », soutient-on au niveau du personnel. De plus, ces employés auraient, selon certains, été appelés à suivre des formations.
L’Acting Director de l’UTM Dharmanand Fokeer n’étant pas au pays actuellement, le président du Staff Committee Bruno Dumazel a indiqué au Mauricien que l’enquête de l’ICAC date de plus d’un an et demi. « L’ICAC nous avait approché pour des informations il y a plus d’un an et demi », précise-t-il.
Or, poursuit M. Dumazel, ce n’est qu’en janvier que le Staff Committee a décidé de « suspendre Sanjiv Kumar Babooa après avoir pris connaissance de certains reproches internes au niveau des manquements administratifs ». Un comité disciplinaire a alors été institué pour se pencher sur cette affaire. Le comité poursuit d’ailleurs son travail. « N’importe qui est innocent tant qu’on n’a pas prouvé sa culpabilité », soutient le président du Staff Committee. Concernant le recrutement de l’épouse d’un ministre au poste de Dean of Faculté, M. Dumazel est catégorique : « Elle a été nommée in line with academic policies. »
Sanjeev Kumar Babooa a comparu en cour de Bambous hier. Il a été remis en liberté conditionnelle après avoir versé une caution de Rs 15 000 et signé une reconnaissance de dettes de Rs 75 000. Une charge provisoire de « public official using office for gratification » a été logée contre lui. Contacté à plusieurs reprises, le Registrar de l’UTM n’était pas joignable au téléphone. L’ICAC poursuit son enquête.