L’Information & Communication Technologies Authority (ICTA) et l’Internet Watch Foundation du Royaume-Uni coopèrent ensemble dans la lutte contre les sites contenant des images, vidéos ou autres matériels montrant des abus sexuels sur des enfants. Un accord en ce sens a été signé hier par le président du conseil d’administration de l’ICTA, Trilock Dwarka, et Fred Langford, CEO et directeur des opérations mondiales de l’IWF.
Internet étant le vecteur idéal d’images en matière de pédopornographie, l’Internet Watch Foundation, depuis 1996, est engagée dans la lutte contre la présence de contenu de ce type sur le net, a expliqué Fred Langford lors de la signature d’un Memorandum of Understanding (MoU) entre la Fondation et l’ICTA, en présence du ministre des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) Tassarajen Pillay Chedumbrum. Le protocole d’accord, signé entre les deux parties, définit le cadre et les termes de référence pour la mise en oeuvre du Child Sexual Abuse Reporting Portal (OCSARP), un portail à travers lequel les utilisateurs d’internet à Maurice peuvent désormais signaler des sites Web montrant des images ou vidéos d’agressions sexuelles contre les enfants. Le portail, qui est hébergé à l’ICTA, a été lancé hier. Il permet aux internautes de rapporter des images, films ou autres matériels axés sur les abus sexuels sur mineurs, anonymement ou en indiquant leurs informations. Après avoir analysé les documents en question, l’IWF demandera, si cela s’avère nécessaire, au FAI ainsi qu’aux services de police d’initier des actions pour que ces contenus inappropriés soient retirés du web.
L’IWF est une organisation indépendante qui lutte contre les contenus illégaux sur internet. Elle travaille en collaboration avec les services de police et les Fournisseurs d’accès à internet (FAI), à qui elle transmet une liste noire de contenus potentiellement illégaux, qui est ensuite utilisée par les FAI pour en censurer l’accès à leurs clients. La fondation travaille avec des organismes internationaux comme l’Union internationale des Télécommunications et Interpol. Dans le cas du portail qui a été lancé pour Maurice, c’est l’IWF qui se chargera de mener une enquête technique, après que des sites, hébergés localement ou ailleurs, auront été rapportés par des internautes mauriciens.
Le nouveau portail vient ainsi renforcer le système de filtrage en ligne des contenus pédopornographiques que l’ICTA avait lancé en février 2011, avec le support des FAI locaux. Les statistiques démontrent ainsi qu’à septembre 2013, 24 133 tentatives d’internautes mauriciens d’accéder à des sites de pédopornographie ont été recensées tandis que le nombre d’adresses IP, dont l’accès à ces sites ont été bloqués, s’élevait à 739. À fin septembre 2013, 1 438 internautes mauriciens ont été refusés d’accès lorsqu’ils ont tenté d’accéder à un URL menant à ce type de sites.
Par ailleurs, l’ICTA compte mettre sur pied un steering committee afin d’assurer une évaluation et une collaboration continues de ceux ayant participé à un atelier consultatif animé mardi dernier par Fred Langford. L’atelier a réuni des représentants des ministères, associations engagées dans la lutte pour la protection des enfants, FAI, entre autres, en vue de discuter du cadre légal ainsi que des règlements régissant la protection en ligne des enfants à Maurice.