La campagne de communication du gouvernement pour la conversion de la carte d’identité sèmerait la confusion dans l’opinion publique. Tel est en tout cas l’avis de Lalit, qui rappelle que c’est en septembre 2014 que la National Identity Card Act entre en vigueur, et non en mars, comme le laisserait croire les spots publicitaires.
La conversion des cartes d’identité se poursuit en ce moment pour la tranche d’âge des 23 à 44 ans. La campagne de communication initiée par le gouvernement mentionne qu’ils ont jusqu’à fin mars pour le faire, sous peine de risquer une amende de Rs 100 000 et cinq ans de prison.
Mais pour Lalit, un tel message consisterait surtout à faire peur et à « obliger les gens à convertir leur carte d’identité. » Alain Ah-Vee, le porte-parole, rappelle que la section 10 A de la National Identity Card Act précise que la nouvelle loi n’entre en vigueur qu’en septembre 2014. « Il est absolument faux de faire croire que le deadline est mars 2014. »
Qui plus est, rappelle-t-il, il y a actuellement une contestation en cour et le juge David Chan Kan Cheong a justement référé le plaignant à cette section de la loi. Si le gouvernement s’est engagé dans une telle campagne, ajoute Alain Ah-Vee, c’est parce que « beaucoup de personnes boudent l’exercice de conversion, car ils sont contre la carte biométrique ». Il ajoute que les Mauriciens ont compris qu’avec « la nouvelle carte d’identité et son système de base de données centralisée, l’État aura le contrôle et un pouvoir de “Big Brother” sur chaque citoyen ».
Selon lui, brandir la menace de l’amende et de l’emprisonnement est le « seul moyen que le gouvernement a trouvé pour forcer les gens à convertir leur carte d’identité ». Lalit invite donc la population à ne pas céder à la pression et réitère son mot d’ordre de “go slow” jusqu’à septembre 2014. Entre-temps, rappelle-t-il, il y aura une intensification de la campagne contre la nouvelle carte biométrique. « S’il y a suffisamment d’opposition, le gouvernement sera contraint de faire marche arrière, comme cela s’est passé en Grande-Bretagne, en Australie et aux États-Unis. »