Le centre d’Ébène où sont stockées les données des citoyens dans le cadre de l’exercice de conversion de la nouvelle carte d’identité est totalement déconnecté d’internet et l’accès physique y est restreint, ce qui le place à l’abri de toute attaque ou intrusion. C’est ce qu’ont répliqué les responsables du projet Mauritius National Identity Scheme (MNIS) qui ont tenu à répondre aux interrogations relatives à la sécurité de la sauvegarde des données.
À l’heure où les réserves et protestations contre la carte d’identité s’accentuent, les responsables du projet MNIS, Rao Rama et Gopalen Pavaday, ont précisé que le centre d’Ébène où sont stockées les données des citoyens est totalement déconnecté d’Internet et que plusieurs niveaux de sécurité physique ont été mis en place pour empêcher qui que ce soit d’avoir accès au centre. Selon eux, les données des citoyens ne sont pas accessibles aisément sauf par certains officiers de l’État civil assermentés, a-t-on fait comprendre à l’issue d’une rencontre avec la presse.
Rao Rama, directeur du projet, a tenu aussi à préciser que les photos biométriques ne serviront pas à faire de la reconnaissance faciale. « Le gouvernement n’a pas les facilités, les logiciels et autres serveurs pour ce genre de choses. Les photos biométriques ne serviront pas non plus à identifier les citoyens dans les foules », a affirmé Rao Rama. Il soutient aussi que la carte ne contiendra pas de données médicales. « Il n’y a pas de place sur la carte pour d’autres données que celles déjà incluses », ajoute-t-il. D’autre part, interrogé concernant le ruling dans une affaire où une enseignante d’une école avait refusé de donner ses empreintes digitales pour le système de contrôle de présence à l’institution, Rao Rama a assuré que le projet de carte d’identité biométrique qui nécessite le prélèvement des empreintes, a été effectué dans un cadre légal et en consultation avec le Data Protection Office (DPO). « Il n’y a aucune ambiguïté avec le Data Protection Office », ajoute M. Rama.
À 70 jours de la fin des opérations, l’équipe du MNIS est passée à l’étape de clôture, c’est-à-dire de la fin de l’exercice d’enregistrement dans les centres se situant dans les régions où la plupart des habitants de la localité se sont déjà fait leurs cartes. Ce qui est pour le cas de Rodrigues, Bambous et Chemin-Grenier. Mais les exercices de livraison des cartes ont toujours lieu dans ces centres. À Rodrigues, le centre fermera ses portes le 30 juin prochain. Après cette date, les enregistrements devront se faire au bureau de l’État civil.
Selon les chiffres communiqués par le MNIS, quelque 635 000 personnes se sont déjà enregistrées en vue d’obtenir la nouvelle carte d’identité, soit 75 % des citoyens (850 000 est l’objectif à atteindre d’ici 31 août 2014 qui est la date butoir pour les enregistrements dans les centres de conversions de l’île). D’autres centres de conversion temporaires verront le jour à Mare-d’Albert, Dagotière et Lallmatie.
Quelque 200 personnes ont par ailleurs tenté de s’enregistrer deux fois en vue d’obtenir la nouvelle carte d’identité biométrique. Mais les procédés mis en place ont permis de mettre à jour ces doubles tentatives d’enregistrement grâce à l’objectif de ce projet qui est de garantir un identifiant unique à chaque citoyen, explique Rao Rama. Dans certains cas, ces personnes qui ont tenté de s’enregistrer eux fois, souffraient de troubles psychologiques, certaines n’aimaient tout simplement pas leur photo et voulaient obtenir une nouvelle carte tandis que d’autres ont tenté d’usurper l’identité d’une autre personne. Dans ces types de cas, une enquête est initiée pour effectuer des vérifications, explique-t-on.
L’équipe du MNIS a d’ailleurs dû effectuer à ce jour environ 40 000 rectifications dans les noms. « Cet exercice de conversion nous a permis de constater un véritable désordre dans l’ancien système de carte d’identité et de mettre à jour et rectifier les données de l’État civil qui sont erronées », a déclaré le directeur du projet, parlant du besoin de renforcer la sécurité de la carte d’identité actuelle afin d’éviter l’usurpation d’identité et d’autres fraudes.