La plateforme No to Biometric Data on ID Card compte occuper le Jardin de La Compagnie le 30 septembre prochain en guise d’ultime protestation contre la nouvelle carte d’identité biométrique, cette date représentant la fin de validité de l’ancienne carte d’identité en laminé. Malgré les chiffres annoncés par les autorités faisant état de 98 % de la population inscrite pour la carte biométrique, les irréductibles ne faiblissent pas…
À quelques jours de la fin de validité légale de la carte d’identité en laminé, les membres de la plateforme contre la carte d’identité biométrique se préparent à une semaine d’activités très chargée. Animant une conférence de presse hier, les membres ont annoncé la tenue d’une assemblée à la salle Eddy Norton à Rose-Hill afin de rallier à nouveau les différents opposants et militants anti-carte d’identité biométrique. La rencontre est prévue de 14 h à 17 h. « Il s’agira d’offrir un espace démocratique pour permettre à tout le monde de s’exprimer », explique Jeff Lingaya, un des principaux animateurs de la plateforme. Il lance un appel aux autres plateformes anti-carte biométrique et aux citoyens qui se sont déjà inscrits pour la carte biométrique à participer à ce rassemblement. « Nous sommes convaincus que la plupart des personnes qui ont été faire leurs cartes d’identité l’ont fait sous pression, par peur d’une peine d’emprisonnement et d’amendes ».
En juin dernier, c’est dans cette même salle que la plateforme No to Biometric Data on ID Card avait tenu une première mobilisation. Des citoyens, avocats, syndicalistes, travailleurs sociaux, entre autres, avaient répondu présents. Le lundi 29, la plateforme tiendra une conférence de presse durant laquelle elle lancera son mot d’ordre en vue d’un rassemblement, inspiré du mouvement international Occupy le 30 septembre au Jardin de La Compagnie. Ce rassemblement devrait se tenir de 9 h à 19 h mais reste cependant à confirmer, car les organisateurs attendent une réponse des autorités.
Flous
De nombreuses questions restent en suspens, selon la Plateforme No to Biometric Data on ID Card. Ses membres soutiennent qu’il y a trop de zones d’ombre subsistant autour de cette carte et de ses implications. Il y a, selon elle, un manque de clarifications autour d’une provision de la loi qui laisserait une fenêtre ouverte à toutes les interprétations et d’éventuels abus par rapport à l’accès aux données personnelles des citoyens. La conférence de presse d’hier a pris une tournure de forum/débats avec les interventions et les sollicitations de membres du public venu y assister. « Tant qu’il n’y aura pas de clarifications sur les coûts de maintenance du projet et l’accès à ces informations, nous n’avons aucune raison de baisser les bras », avance Ivor Tan Yan, juriste de formation, qui parle « d’assujettissement » des citoyens en évoquant un « forcing » des autorités pour adopter la nouvelle carte.
Dans l’attente du jugement de la Cour Suprême dans les deux plaintes logées par Rajah Madhewoo et Pravind Jugnauth contestant respectivement la constitutionnalité de la nouvelle carte biométrique et la rétention des données personnelles dans une base de données centralisée, la question de l’utilisation du passeport revient sur le tapis. « Peut-on utiliser le passeport comme moyen pour identifier l’identité d’une personne ? » s’interroge Vince Pillay qui a, par ailleurs, dressé l’historique du mouvement de contestation sur le terrain enclenché depuis plus d’un an.
La plateforme soulève également des craintes pour une personne ne possédant pas de carte identité biométrique de ne pouvoir s’enregistrer comme candidat lors du Nomination Day, où la carte d’identité est obligatoire pour les besoins de l’exercice d’enregistrement. « Il s’agit du droit de se porter candidat aux suffrages qui est en jeu », fait remarquer Vince Pillay.