Le colloque “Botanique et biodiversité tropicale”, qui se tient à l’Institut Français de Maurice (IFM) demain de 8 h 30 et 12 h 30, réunit un panel de scientifiques rarement exposés au public jusqu’ici. Aussi, à la demande de la présidente de la République, qui inaugure ces rencontres, il a été décidé jeudi dernier d’ouvrir ces rencontres au grand public dans la limite des places disponibles. Organisé dans le cadre des 300 ans de présence française à Maurice, ce colloque devrait aborder les défis qui se posent au sujet de la biodiversité du milieu tropical, tandis qu’un autre rendez-vous proposé à 18 h 30 par la Société royale des Arts et des Sciences (SRAS) traite d’histoire des sciences, particulièrement de la contribution des savants français au développement du pays.
D’accès désormais libre, le colloque sur « Botanique et biodiversité tropicale » va tout d’abord permettre d’entendre, à partir de 9 h, la conférence magistrale du Pr Thomas Haevermans, maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle en France et conservateur de l’herbier national, spécialiste entre autres des euphorbes et des Sarcolaenaceae de Madagascar ou encore des bambous d’Indonésie, qui font partie de ses thèmes de recherche. Suivra à 10 h une intervention du Dr Lucille Allorge-Boiteau, qui parlera de la contribution des botanistes voyageurs dans l’océan Indien.
Lucille Allorge est membre titulaire de l’Académie nationale d’arts, des lettres et des sciences de Madagascar. Fille du fondateur du parc botanique et zoologique de Tsimbazaza, cette scientifique a démarré sa carrière au CNRS en 1968, puis effectué de nombreuses missions pour le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, non seulement à Madagascar, mais aussi en Guyane, aux Philippines et en Malaisie. Elle a notamment contribué à plusieurs ouvrages parus chez Karthala sur la faune et la flore de Madagascar, ainsi qu’à un ouvrage d’histoire botanique paru en 2003 chez Lattès, La fabuleuse odyssée des plantes : les botanistes voyageurs, les jardins des plantes, les herbiers.
Le Dr Vikash Tatayah, le directeur de la conservation à la Mauritian Wildlife Foundation et contributeur à la Species survival commission de l’IUCN pour les Mascareignes, est notamment un spécialiste des plantes et des oiseaux.  Il interviendra comme hôte et modérateur pour ces deux interventions.
Quid des Mascareignes ?
Les discussions devraient aussi être particulièrement riches ensuite lors de la table ronde, prévue à 11 h sur les spécificités de la botanique et la biodiversité dans les Mascareignes. Au nombre de cinq, les participants à cet échange public sont à la fois enseignants et/ou chercheurs, et fin connaisseurs du terrain, que ce soit à Maurice, à La Réunion ou à Madagascar. Spécialiste des orchidées, le Pr Thierry Pailler, qui nous vient de La Réunion, travaille et enseigne particulièrement sur les peuplements végétaux et les bioagresseurs en milieu tropical, ainsi que sur l’écologie et l’évolution des plantes à fleurs dans l’île soeur.
Le Dr Claudine Ah Peng a par exemple travaillé sur l’écologie des mousses et leur rôle primordial à la fois dans leur apport en tant que réservoir d’humidité et aussi en tant qu’indicateur particulièrement sensible aux changements climatiques et à leur impact sur la répartition géographique de la flore. Native du Brésil, le Dr Claudia Baider est bien connue à Maurice en tant que responsable du Mauritius Herbarium, ainsi que dans le monde scientifique pour ses recherches sur les orchidées dans la région, ainsi que sur la biodiversité de la forêt amazonienne, à propos de laquelle elle a d’ailleurs récemment publié dans le cadre d’une étude d’envergure suite à un inventaire de la biodiversité de cette forêt, encore gigantesque bien que fortement menacée.
On ne présente plus Mannickchand Puttoo qui dirige le National Parks and Conservation Service (NPCS), organisme affilié au ministère de l’Agriculture, en charge notamment de la gestion des zones terrestres protégées de Maurice. Associate professor d’écologie à l’Université de Maurice, Vincent Florens est à la fois un spécialiste des plantes envahissantes à Maurice, ainsi que des gastéropodes dont il découvre régulièrement de nouvelles espèces en collaboration avec Owen Griffiths. À 12 h 30, la présidente de la République en personne procédera à la clôture du colloque.