Le grand dégingandé Brian Henninot et la petite acrobate Clémence Rouzier devaient donner leur spectacle de samedi soir, à 20 heures, à l’Institut Français de Maurice (IFM), dans l’amphithéâtre ouvert. Finalement, ils iront dans la salle protégée des vents et de la pluie du Conservatoire national de musique François Mitterrand, à Quatre-Bornes. Ce duo burlesque et poétique présente Stoïk, un duo qui s’amuse de l’absurdité et qui peut réveiller le clown caché en chacun de nous.
Brian Henninot et Clémence Rouzier se sont rencontrés à l’école du Samovar, à Bagnolet en Seine-Saint-Denis près de Paris, le genre d’établissement qui contribue à ces nouvelles mouvances des arts du cirque, qui en appellent au théâtre, à la poésie et l’humour, autant si ce n’est plus qu’à la performance. Cette grande école du clown contribue depuis ses débuts à la création de nombreux numéros, de spectacles et de compagnies destinés aux pistes circassiennes, aux planches des théâtres, aux pavés des rues piétonnes, tout comme aux milieux hospitaliers où la poésie et le rire constituent d’excellents remèdes.
Sur le site web de cette institution, le projet artistique de la compagnie des Gums est défini notamment en ces termes : « On a recherché dans un nom la sensation que l’on éprouve lorsque l’on se sent ridicule, cette vulnérabilité qui fait peur. Provoquer chez les gens cet élan qu’éprouve le public lorsqu’il voit du clown : du rire et en même temps de la compassion. » Appréhender le clown qui sommeille en chacun par une posture plus psychologique et intellectuelle que bouffonne et effrayante constitue la démarche de ces nouveaux courants du cirque. Ce genre de clown brosse des caricatures humaines comiques mais émouvantes, ils s’intéressent à la poésie de l’absurde, ils savent rire d’eux-mêmes, et s’ils font preuve de malice, ce n’est jamais méchant.
Brian Henninot est jongleur et accordéoniste de chambre, Clémence Rouzier est acrobate et trompettiste de salon. Il est grand, souvent dans la lune et naïf. Elle est petite, débordante d’énergie et ne s’attarde pas sur les états d’âme. Deux personnages aussi différents étaient faits pour se rencontrer. Ils ont fait de leur particularité un duo nommé Stoïk que l’on nous promet à la fois poétique, esthétique et comique, dans une scénographie épurée.
À l’origine, il était question qu’ils donnent plusieurs représentations à travers le pays, dans le cadre du festival du rire. Ce dernier ayant été repoussé de plusieurs mois, l’Institut français de Maurice les a finalement programmés pour une date et un atelier dans ses propres locaux. Mais avec la pluie qui risque de jouer les trouble-fête dans l’amphithéâtre ouvert de l’IFM, celui-ci devenant par mauvais temps une sorte cuvette frigorifique, les organisateurs et artistes ont préféré par précaution le confort d’une salle douillette et équipée en lumière sans risque de courts-circuits… Rendez-vous est donc donné à 20 heures, demain, au Conservatoire François Mitterrand à Quatre-Bornes.