D’ici le début de la semaine prochaine, une nouvelle page sera irrémédiablement tournée dans l’épisode Iframac. Selon des indications, durant la nuit de jeudi à vendredi, les discussions entre les représentants des employés, menés par le négociateur de la General Workers Federation (GWF) Ashok Subron, et le Special Administrator de la BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Yacoob Ramtoola, auraient abouti à un accord. En revanche, les malheurs du bureau d’experts-comptables de KPMG sont loin d’être terminés vu que les conclusions de l’enquête du Financial Reporting Council devront être communiquées aux autorités avec des recommandations pour des sanctions pour manquements professionnels lors de l’audit des comptes du groupe BAI, surtout après l’Audit Presentation du 29 mars 2011 au BAI Audit Committee.
Les 267 employés d’Iframac, réunis jeudi en assemblée spéciale, ont pris connaissance des grandes lignes du plan de redéploiement du personnel agréé  avec les quatre concessionnaires, à savoir LEAL, CFAO (IMC), Axess et Medcom. Il a aussi été question du montant des indemnités pour les employés qui opteraient pour le départ. Au cours de ce week-end, la liste des employés au sein des différentes compagnies devra être mise au point avant toute annonce officielle. Les conditions annoncées sont que le groupe CFAO-IMC, avec la marque Mercedes-Benz, reprendra 108 employés, Leal (avec Mitsubishi), 108 également, tandis qu’Axess (marque Peugeot) en reprendra 20 et MECOM, 10. D’autre part, il y a une une garantie contre un éventuel licenciement pendant les deux premières années, de même qu’une période d’adaptation, les employés bénéficiant du choix d’une retraite anticipée et d’une indemnité de 15 jours par année de service, comme la loi le stipule. Ashok Subron a également fait état du droit d’être représenté par un syndicat que les employés auraient eux-mêmes choisi durant cette période d’adaptation. La compensation, qui sera versée à ceux qui rejetteraient le plan de redéploiement, et de
15 jours par année de service, est garantie sur la totalité des revenus en incluant les commissions avec également un mois de préavis. Ceux optant pour leur compensation n’auront pas le droit de travailler chez lesdits concessionnaires pour les trois années à venir. Cette condition est imposée par l’administrateur. Les détails de l’accord devront être avalisés par l’assemblée des employés, qui pourra être convoquée ce week-end au plus tôt.
D’autre part, dans les prochains jours, le centre de gravité de ce scandale financier, avec un préjudice de Rs 23 milliards, se déplacera vers les auditeurs. D’abord, l’attention restera braquée sur la firme KPMG, qui bénéficie d’un encadrement venu de KPMG d’Afrique du Sud. En effet, le Financial Reporting Council, qui a initié des enquêtes sur KPMG sous la Financial Reporting Act depuis juin dernier, devra soumettre ses recommandations à son conseil avant que la Financial Services Commission ne soit saisie de tout le volet des sanctions sous forme de « fines and compensations ».
Ce dossier devrait figurer lors de la prochaine réunion du conseil d’administration de la FSC, qui décidera de la marche à suivre et du timing des opérations, compte tenu de l’engagement pris par Trevor Hoole, Chief Executive Officer de KPMG d’Afrique du Sud lors des discussions du 4 septembre dernier sur les conséquences de l’Audit Presentation au sujet de la banqueroute du groupe BAI depuis 2009.
Un autre dossier qui revient au premier plan est l’affaire des réclamations des fees réclamés par les anciens Special Administrators Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, de PwC. En fin de semaine, ces derniers ont en effet soumis des réclamations détaillées pour un montant de Rs 96 millions. D’autres sources avancent que le chiffre est de Rs 108 millions, soit inférieur aux Rs 136 millions soumises le 26 juillet dernier au moment du divorce avec la FSC, qui avait “capped” les fees à Rs 28 millions seulement, et pas plus. Il faudra ajouter à ce paiement Rs 14 millions pour le Conservatorship de la BAI et Rs 60 millions à réclamer à la Banque de Maurice pour le Receivership de la Bramer Bank.
Les nouvelles “claims” de PwC, qui sont actuellement à l’étude par la FSC, sont diversement commentées vu que certaines réclamations ont été faites pour des deals qui n’ont pas encore été complétés ou encore le “carving out of assets” de la BAI en faveur de la National Property Fund Ltd pour un montant de Rs 11 milliards, chiffre qui est contesté.
En tout cas, ces nouvelles réclamations de PwC devront encore raviver la polémique dans le sillage de l’écroulement de l’empire Rawat alors qu’un détail ne devrait pas passer inaperçu. Intervenant sur son compte Facebook hier, Laina Rawat, une des filles de Dawood Rawat, présentée comme la “Seven-Million Dollar Woman”, a apporté une précision au sujet des retraits de Rs 100 000 par mois suite à une décision en Cour suprême. Elle fait ainsi comprendre qu’elle n’est pas en mesure de bénéficier de ces facilités même s’il n’y a pas eu d’objection du Directeur des poursuites publiques. « However I do not have access to any money because the receiver managers of the former bbcl consider my private account funds to be “bank assets” and are using it to pay creditors of the bank », peut-on lire sur ce compte facebook.