Sibella Leelah est un nom à retenir. Car la jeune fille a tout ou presque pour devenir une championne de kick-boxing. Tout, parce qu’elle est un talent à l’état brut, douée pour ce sport de combat, comme l’atteste sa collection de trophées et de certificats.

Presque, parce que l’adolescente a besoin d’un casque, de moyens matériels, financiers, d’une bonne alimentation, entre autres, pour la soutenir afin qu’elle puisse continuer sur sa lancée et atteindre les sommets. C’est pour cette raison que Sibella Leelah mériterait d’être aidée, mais surtout accompagnée par ceux qui pourraient contribuer à façonner une athlète de haut niveau et une jeune fille complète pour qu’un jour, à mi-parcours, elle ne laisse pas tomber une activité qui est pour elle une porte de sortie.

Sibella est une graine de championne dont le pays a besoin. Elle est scolarisée. Elle est en troisième année dans le secteur prévocationnel. De par sa performance académique, elle est de ceux qui ont le profil que le système éducatif peut construire ou déconstruire. De par sa condition sociale, elle est de ceux que la société peut marginaliser et stigmatiser. Pour l’instant, l’adolescente s’accroche au kick-boxing parce que ce sport est tout pour elle. Parce que sa mère peut encore trouver Rs 300 de temps en temps pour lui payer son trajet quand elle a un combat. Et parce que son entraîneur la soutient – c’est lui qui la récupère chaque après-midi et la ramène chez elle tous les soirs à 21h après ses entraînements à Rose-Hill. Mais qu’adviendra-t-il le jour où, faute d’encadrement, la jeune fille, découragée, décide de décrocher ? À l’extérieur, l’argent facile est un piège qui n’attend que de nouvelles proies. Sibella ne doit pas en être une.

Mais doit être un exemple pour les jeunes qui grandissent dans des conditions précaires. Quand elle aura 16, 18 ou 20 ans, elle doit être à l’affiche des compétitions et non avoir rangé ses gants pour donner le biberon à son deuxième bébé, s’inscrire au Social Register of Mauritius, squatter les terres de l’État, découvrir l’enfer des fléaux ! Sibella a besoin de guide, d’accompagnateurs qui seraient disposés à éclairer ses pas et non faire d’elle une candidate à l’assistanat. Elle est issue d’un foyer pauvre, sans modèle, d’un quartier où les “marchands” de drogue opèrent dans la rue. Pour le moment, elle a la volonté de se battre tous les jours et tous les week-ends pour ramener d’autres trophées. Et là, c’est le moment d’aider Sibella !