Il fut un temps où l’homo mauricianus se contentait de se plaindre,  timidement, presque à demi-voix, voire se complaisait dans une pseudo indifférence (certains diront « léthargie »), se gardant de prendre position de peur de se retrouver marginalisé ou à contre-courant d’un « mainstream » sclérosé.
Un certain samedi 10 septembre 2011, l’homo mauricianus prit partie de faire entendre sa voix. Qu’ils aient été 2 000, 3 000, ou 5 000, jeunes, trentenaires ou aînés, étudiants, jeunes cadres ou syndicalistes, « marcheurs professionnels » ou « bourgeois », nul ne peut nier cette évidence: il s’est opéré ce jour-là une prise de conscience et pas seulement parmi les marcheurs. Le message a en effet été relayé à travers les médias à l’ensemble de la population mauricienne.
Oui on peut désormais mobiliser les Mauriciens, qu’importe le nombre, la qualité ou la « démographie » de la foule, sur les enjeux fondamentaux de notre société…et cela sans « bis gratis », briani, rhum, bière, promesses de pique-niques…mais uniquement en faisant appel à leur sens inné, mais jusque-là somnolant, de responsabilité citoyenne. Cela, en soi, équivaut à une vraie révolution, un vrai changement de paradigme.
Il est permis à ceux qui ont finalement décidé de prendre leur destinée en main au lieu de se contenter de se morfondre, à ces milliers de marcheurs qui ont décidé de délaisser leur confort (puisque nous parlons de bourgeois, n’est-ce pas ?) quotidien, le temps de ce rassemblement citoyen, cet espoir d’une Ile Maurice meilleure. Ceux-là auront au moins le mérite d’avoir essayé.
Qu’importe, le scepticisme ne peut que motiver davantage. Ceux qui rêvent de cette autre Ile Maurice et qui ont décidé d’agir doivent redoubler d’effort afin de convaincre ceux qui n’en ont plus la force. 
En parallèle une réflexion profonde sur les fondements mêmes de notre société débouchant sur des propositions concrètes aux maux tant décriés est primordiale.
Plus que jamais la réflexion et l’action doivent aller de pair. Plus que jamais l’effort de tout un chacun est nécessaire. 
Alors attelons-nous à la tâche! Notre île a besoin de nous…de nous tous !