Les préjugés associés à son look rasta, ses origines modestes et les absences d’opportunités dans sa région à La Ferme n’ont pu ralentir Bleck Lindor dans sa folle envie de vivre de l’art et de profiter positivement de la vie. Athlète, sculpteur, musicien, éducateur, il accompagne aussi d’autres jeunes à travers différents projets. Avec son ami Hary Bouf, il représentera Maurice à un colloque sur la sculpture en Suisse en juillet s’il obtient le parrainage souhaité.
Lorsque le signal de départ a été donné, il n’avait pas un look de vainqueur. Certains se demandaient même si ce chétif gamin des quartiers modestes de La Ferme pourrait tenir le rythme. L’on aurait plutôt parié qu’il abandonnerait prématurément pour emprunter la voie de la précarité. La gloire ne peut pas être au programme de celui qui n’a pas connu une scolarité conventionnelle et à qui les facilités élémentaires ont été refusées selon les principes bien ancrés de l’exclusion. Dans la course de la vie, un petit coureur aux longs dreads habitant une cité abandonnée à son sort ne peut avoir le bon profil pour aller loin.