La semaine dernière Scope a présenté sa 1500ème édition à ses lecteurs. Longévité exceptionnelle pour un magazine mauricien cette publication du groupe Le Mauricien a récemment connu un grand relooking qui lui confère une nouvelle jeunesse et le place dans l’ère du temps. Tandis qu’il célébrera ses 29 ans le 3 décembre l’hebdomadaire du mercredi initialement connu comme Week-End/Scope demeure un magazine de proximité explorant l’âme mauricienne sous ses différentes facettes.
Le look festif de son habillage rouge écarlate n’a pas manqué d’attirer l’attention de ses lecteurs. Scope, était en effet en mode célébration. Le magazine qui marquait son 1500e numéro mercredi dernier avait plus de mille raisons de se réjouir de cette longévité. La couverture, sobre certes, frappée de l’incontournable hashtag #, rappelle aussi combien Scope marche dans les pas de l’évolution. Les reportages et autres rubriques sont présents sur Facebook ou Instagram, correspondant ainsi à une catégorie non négligeable de lecteurs, en l’occurrence les utilisateurs de réseaux sociaux lesquels sont de plus en plus nombreux à s’informer en ligne. D’ailleurs, c’est dans un esprit tourné vers l’avenir que la rédaction a conçu ce numéro spécial. Pour ce faire, elle a donné la parole à des interlocuteurs actifs dans la société dans laquelle ils évoluent et qui partagent leurs rêves pour une île meilleure. Ou encore à d’autres personnalités qui elles ont évoqué la participation, même actuelle, du magazine dans leurs parcours respectifs. Scope qui ne s’est pas endormi sur ses lauriers a déjà mis son 1501e numéro au four et s’apprête aussi à célébrer ses 30 ans l’année prochaine.
Dans l’ère du temps
De la politique traitée autrement aux problématiques sociales, de success stories à la  découverte des régions, métiers, visages, l’environnement, la technologie, la cuisine, l’évasion, une programmation télé exhaustive Scope est désormais bien loin de l’époque du magazine « de culture et de loisirs. »  64 pages en blanc en noir lors de son lancement le  décembre 1988, cette publication du groupe Le Mauricien a survécu en restant dans l’ère du temps. Elle comprend désormais 128 pages couleur et s’adresse à des lecteurs de tous âges et de tous horizons. Et cette année, le magazine a adopté un nouveau papier pour une impression de qualité supérieure qui lui permet de mieux exploiter les photos de ses reportages et une nouvelle maquette pour plus de dynamisme. Un relooking qui lui a fait grand bien puisque Scope retrouve une nouvelle jeunesse sans qu’il ne s’écarte, pour autant, de ses objectifs premiers. Comme ce fut le cas dès le début, Scope propose aussi une programmation télé exhaustive et des rubriques dédiées au monde de l’audiovisuel.
Avant-gardiste, le Week-End/Scope d’alors avait compris que la culture avait besoin d’une plateforme médiatique pour faire valoir l’expression artistique. En offrant ses pages aux artistes de différents horizons, Week-End/Scope voulait apporter une parenthèse apaisante dans une société qui vivait pleinement le boom économique et ses contraintes. Comme l’écrivait Jacques Rivet, directeur du groupe Le Mauricien Ltée  à la sortie du premier numéro en 1988, Scope « saura donner la dimension qu’il faut à tout ce qui se fait d’intéressant hors du bouillonnement incessant de la vie politique et économique de l’île Maurice 88. » Presque 30 ans plus tard, cette vision demeure d’actualité pour l’équipe rédactionnelle du magazine. Celle-ci reste toujours attentive à la vie culturelle, déniche les talents rares et les plus méritants pour les présenter… d’ailleurs, c’est tout naturellement que Scope a, au fil des années, fini par devenir un partenaire partie prenante des grands rendez-vous artistiques.
Le CD de Ti Frer
Scope ne peut cacher sa fierté d’avoir reçu dans sa rédaction ou d’être aller à la rencontre, de belles voix anonymes pour ensuite les suivre de près dans leur cheminement avant qu’elles ne deviennent de grandes pointures de la chanson mauricienne. Le magazine aura été témoin et transmis à ses lecteurs l’ascension de Kaya, Ras Natty Baby, Cassiya, des Otentik Street Brothers, Linzy Bacbotte, Sandra Mayotte, Zot Sa, Zenn 7, Windblows tout en ouvrant ses pages à d’autres voix éteintes aujourd’hui, dont celle d’une légende: Ti Frer. Week-End/Scope a, en effet, était à la base du projet réalisé avec Radio OCCORA et qui permit à Ti Frer d’enregistrer son CD à l’époque.
Conscient de sa position quasi monopole sur le marché de la presse mauricienne, comme magazine du genre, Scope ne veut pas se complaire dans ce confort. « Il nous est vital de veiller à ce que chacune de nos éditions apporte son lot de découvertes et d’innovations aussi minimes qu’elles soient. Ainsi, chaque magazine reste pour la rédaction un grand défi vécu comme une nouvelle aventure chaque semaine afin que nous soyons en mesure de répondre aux attentes de nos lecteurs tout en suivant l’évolution. C’est sans doute cette remise en question permanente qui explique notre longévité dans un cadre qui semble assez difficile pour la presse-magazine », dit son rédacteur en chef, Jacques Achille.
Un esprit de renouvellement
En constance évolution, la rédaction avance dans un esprit de renouvellement tout en restant à l’écoute des attentes de ses lecteurs. D’où un changement de look, des pages en papier glacé et en couleur, de nouvelles rubriques, le ton dynamique et décalé, libre qu’elle s’octroie quand cela est possible, des personnalités invités à être le rédacteur en chef de la semaine, l’interactivité avec ses lecteurs. « Puisque nous évoluons dans un cadre différent, nous pouvons nous octroyer des libertés que ne peut prendre la presse dite classique. Nous pouvons ainsi innover à travers nos reportages et nos rubriques aussi bien que dans la manière d’écrire. Ceci est possible du fait que de ses débuts à aujourd’hui, la rédaction a toujours été composée de journalistes polyvalents capables de s’adapter à différents terrains de la politique à la musique en passant par le cinéma, les faits divers, les rubriques pratiques, l’environnement, la technologie, entre autres », poursuit son rédacteur en chef.
Demain, c’est certain d’autres initiatives feront leur apparition. « Nous avons déjà pensé à plusieurs projets et nous nous sommes déjà engagés à utiliser davantage les nouveaux moyens dont dispose aujourd’hui le monde des média. » A l’aube de ses 30 ans, le magazine a le regard tourné vers l’avenir, d’autres ambitions, mais avec le même objectif; être un magazine de proximité explorant chaque semaine l’âme mauricienne.