Ce sont des enfants de 6 à 8 ans qui ont véritablement lancé Île Courts la semaine dernière puisqu’ils ont assisté à la toute première séance de projection qui s’est tenue le mardi 25 septembre à 9 h 30. Plusieurs classes sont ainsi venues à l’IFM ce jour-là, pour voir des petits films conçus pour eux. Imagination débridée, rire et poésie étaient au rendez-vous.
Le programme confectionné dans le cadre du festival de Clermont Ferrand, était composé essentiellement de dessins animés dont l’originalité et la poésie ont de quoi surprendre. Le spectacle était aussi dans la salle car ces très jeunes spectateurs réagissent spontanément et savent alors se montrer très attentionnés. Les quarante minutes de projection ont semblé passer comme une lettre à la poste sans signe d’ennui pas plus que d’agacement. Il est aussi frappant de constater à quel point ces huit films de trois à six minutes séduisent par leur variété et leur pouvoir poétique.
Le premier film Luminaris reconstitue un monde étrange où des humains produisent des lampes électriques avec leur propre corps. En six minutes, l’Argentin Juan Pablo Zaramella conte une fable moderne où il est question de productivité… et de sentiments ! Cette animation très poétique, dont le dessin fait penser à certains peintres surréalistes, a laissé place ensuite à un jeu d’ombres et de lumières en noir et blanc.
Le Duo de volaille, sauce chasseur raconte l’histoire d’un loup chasseur qui ne parvient pas à venir à bout de deux volailles qui se protègent l’une et l’autre. L’une est blanche, l’autre noire, et tout l’intérêt du film réside dans ce jeu de cache-cache dans l’ombre ou la lumière qui permet aux victimes toutes désignées de dérouter celui qui les convoite… Éclats de rire garantis ici comme par la suite lorsque des comédiens adultes miment les cris, pleurs, rires et sentiments de satisfaction des bébés.
Dans Quoi de neuf, la bande son restitue, en effet, l’enregistrement de tous ces sons qu’un nouveau-né peut émettre. Ce film finlandais est tellement bien fait que passé l’effet de surprise du début, on finit par croire à ces adultes qui deviennent sur l’écran par la magie du cinéma et le talent des comédiens… de grands bébés. Trois minutes désopilantes.
Dans Gros, les personnages et animaux d’une ferme isolée gonflent soudain comme d’immenses ballons à tel point qu’ils s’envolent, poussant le maître des lieux à s’adapter d’une bien étrange manière.
Autre dessin animé, Corrida emmène taureau et toréador hors de l’arène dans une surprenante course-poursuite qui se termine sous un arbre. De l’art de tromper l’ennemi pour prendre la fuite, les jeunes spectateurs sont ici avertis. Ce film où les couleurs rouges et noires dominent, contraste avec le suivant qui se passe au pays des Inuits. Démons offre une autre approche des peurs grâce à un enfant qui s’est perdu dans les glaciers en suivant un oiseau sauvage.
Les jeunes spectateurs ont également vu Orange ô désespoir qui raconte l’histoire d’une orange qui rêve de devenir un ananas… Et enfin, La poupée de papa offrait un clip musical très rythmé dont le personnage central est une poupée qui ne cesse de danser dans un environnement particulièrement animé. La musique de ce film brésilien a été créée par le groupe Little citizen.