Il y avait foule au J&J Auditorium samedi dernier pour le concert d’Alain Ramanisum et ses invités : Laura Beg, Bruno Raya, Mr Love et Nitish Joganah. Le public a eu droit à un spectacle haut en couleurs, qui a cependant manqué de punch par moments.
La mayonnaise est montée assez difficilement pour ce concert qui devait être un moment fort du mauricianisme. Il faudra davantage que quelques messages d’artistes et des drapeaux (comme ceux distribués pendant le spectacle) pour faire changer les choses, alors que des faits d’actualité et la réalité du quotidien nous rappellent combien ça va mal.
Ce ne sont pas non plus les slogans du genre “Moris mari serye” qui y parviendront comme par magie, mais les moindres efforts entrepris pour sensibiliser les uns et les autres sont nécessaires. Il a été agréable, samedi, de voir toute la foule debout, drapeau en main, lors de la version revisitée de l’hymne national avant l’entrée en scène de l’hôte de la soirée, Alain Ramanisum.
Si Mr Love et Nitish Joganah s’en sont bien sortis pour leur première apparition sur la scène du J&J Auditorium, c’est un Bruno Raya et un Alain Ramanisum assez crispés qu’il nous a été donné de voir. Malgré les applaudissements pour les morceaux les plus connus des deux artistes et un public acquis à la cause d’Alain Ramanisum, le feeling n’était pas toujours celui espéré.
Pour sa part, Laura Beg devrait communiquer davantage avec son public, même si elle gagne en maturité à chacune de ses prestations. Elle s’est d’ailleurs laissé aller lors de son duo avec Alain Ramanisum, tout comme Bruno Raya et Linzy Bacbotte, qui ont charmé le public.
Le concert a vite dépassé le cadre du thème de la soirée, Île Maurice multiraciale, pour surfer sur celui de l’amour et rejoindre le registre du “Soldat de l’amour”, Mr Love. Nitish Joganah a été égal à lui-même, faisant vibrer la salle avec ses morceaux cultes : Krapo Kriye et Dilo pou arete 9-er.
En dépit des améliorations apportées par la direction du J&J Auditorium pour une meilleure acoustique, les spectateurs qui sont près de la scène sont toujours incommodés par une musique qui couvre la voix du chanteur. Ceux qui se sont installés au balcon et vers le milieu de la salle ont pu profiter pleinement des nouveaux jeux de lumière et d’une meilleure qualité du son.