Au cours des trois semaines écoulées, il y a eu trois décès de prêtres missionnaires étrangers ayant servi dans le diocèse de Port-Louis. Ils appartiennent à trois congrégations missionnaires différentes. Ils ont consacré des décennies de leur vie au service des Mauriciens, non seulement des catholiques mais à l’écoute de ceux qui venaient vers eux pour un conseil ou une aide.
La nouvelle de la mort du Père Patrick Francis Murphy c.s. sp. en Irlande dimanche est parvenue à Maurice le lundi 18 juillet.
Le Père Murphy, spiritain, né en 1931, est le dernier prêtre irlandais à quitter le pays en 2013, après avoir passé quelque 51 ans à Maurice. Ordonné à la prêtrise en 1960, il arrive à Maurice en 1962. Il a travaillé durant seize ans comme enseignant au Collège du Saint-Esprit pour s’assurer, par la suite, du travail pastoral en paroisse à St-Pierre et à St-François d’Assise avant d’assumer la responsabilité de la paroisse du Coeur-Immaculé de Marie à Rivière-du-Rempart.
Père Murphy est le dernier prêtre irlandais à avoir vécu à Maurice. Il est retourné en Irlande en juin 2013, âgé de 82 ans, riche des souvenirs de tout ce qu’il a vécu à Maurice au cours de ses 51 ans d’apostolat. Il était retourné au pays en 2014 pour les célébrations à l’occasion du nouveau caveau du père Laval à Sainte-Croix et avait été très heureux de se retrouver parmi ses confrères spiritains qui appartiennent à la même famille missionnaire que le Père Laval.
Le Père Jean-Baptiste Dravet, jésuite français, est décédé le 5 juillet. Il était rentré dans son pays natal en juillet 2015, après ses 21 ans de mission à Maurice. Père Dravet laisse un magnifique témoignage de bonté, de bonne humeur et de bienveillance comme l’a démontré l’article de La Vie Catholique qui a tracé son parcours missionnaire dans notre pays. Il était un homme qui rayonnait de sérénité. Il était riche d’écoute et de miséricorde et savait initier à la prière.
Le Père Guichoux, m.e.p. a été retrouvé, mercredi 13 juillet, noyé dans les eaux tumultueuses de Gris-Gris. Le Père Pierre René Guichoux est né le 18 octobre 1938 dans le diocèse d’Angers. Il se destine à la prêtrise dans la Société des Missions Étrangères de Paris (m.e.p.). Il est ordonné prêtre le 4 juillet 1965 et part en mission le 8 octobre de la même année; assure quatorze ans de mission à Madagascar où il se dévoue corps et âme dans différentes paroisses, ayant acquis une bonne maîtrise de la langue malgache. Après une année sabbatique en France, il vient vivre sa vie de missionnaire à Maurice. Le religieux a oeuvré dans les paroisses de Rivière-du-Rempart, de Ste-Claire à Goodlands, du Sacré-Coeur à Beau-Bassin. Il a ensuite servi à Bambous-Médine à compter de mai 2000. En 1996, il est devenu supérieur régional de sa congrégation pour la région de l’océan Indien.
La police et des médias ont donné libre cours à différentes interprétations concernant sa noyade, salissant ainsi la mémoire d’un prêtre âgé de 76 ans, ayant vécu au mieux son sacerdoce.
Sa dépouille exposée le lendemain, jeudi, dans son habit de prêtre montrait un homme apaisé. La cérémonie religieuse de ses funérailles a été témoin d’une grande solidarité du clergé autour de leur évêque pour prier pour le défunt et pour tous ceux qui étaient solidaires de lui dans cette épreuve. Le site web du diocèse (http://dioceseportlouis.org) permet de suivre les temps forts de cette cérémonie. Voici les premières paroles de l’homélie de l’évêque qui a remercié Père Guichoux pour ses vingt-six années de présence dans le diocèse. « Faire confiance au Seigneur et accepter qu’on ne peut pas tout savoir sur le mystère de la mort du Père Pierre-René Guichoux. »
 Un prochain article retracera la contribution des Pères MEP dans l’histoire de notre pays et de notre diocèse.