Trente-cinq portraits exposés en noir et blanc. Une quinzaine d’autres dans le catalogue pour poursuivre la déambulation des visages et des figures qui ont contribué aux réflexions du plasticien. Firoz Ghanty invite à regarder au-delà de la pensée occidentale dominante. Scope propose un avant-goût corsé. Expo visible à la galerie Imaaya à compter du 27 octobre.
Une interprétation personnelle de Danyel Waro, Raymond Chasle, Hervé Masson, Jean Fanchette. De Paul Bérenger et des évolutions du coeur : noir au début, puis blanc, avant de prendre sa coloration mauve. La calligraphie du “M” à travers le temps illustre une évolution soulignée par l’artiste. L’expo ne se limite pas qu’à cela et pousse la boutade à l’orée d’une certaine subversion.
Ces portraits ne sont pas des reproductions conformes mais suggèrent une vision anticonformiste des choses et des hommes. En noir et blanc sont ainsi dépeints ceux qui ont bouleversé l’ordre établi. Les camarades Lenine, Marx, Mao Tse Toung, Mouammar Kadhafi, Malcolm X, Commandant Massoud. Dans un autre registre, des psychanalystes, dont Freud, ainsi que des poètes : Léo Ferré et Brel pour la poésie des mots qui gueulent, Gainsbourg pour la provoc’ des paroles. Sans doute un des meilleurs de la série.
Ce ne sont pas des gens rangés dans le camp des “gentils” ni du côté des “méchants”. Rien de manichéen dans le discours. Pas de podium ni d’estrade. Seulement une autre perception du Bien et du Mal; compte tenu que nous avons tous du “bon” et du “mauvais” en nous. Toutes ces nuances de gris sont proposées dans Portraits de ma mémoire. Une exposition visible du 27 octobre au 15 novembre (sauf les jours fériés et les dimanches) à la galerie Imaaya, Phoenix.
Ces portraits illustrent les référents qui ont façonné la pensée de l’artiste et nourri une autre vision du monde, autre que celle popularisée par les médias occidentaux et chantée par les trompettes du capitalisme. Cela comprendrait aussi bien les informations que le cinéma grand public. Firoz Ghanty élude certaines icônes perverties. Pas de Che Guevara ni de Mandela, encore moins d’Obama, pas d’effigies récupérées et dérivées en produits commerciaux conformes aux normes du grand capital.
Sont aussi abordés l’inconscient collectif et les archétypes. Ces éléments communs à toutes les civilisations, à l’instar du carré, du trident, du triangle… Des formes géométriques récurrentes dans toutes les civilisations qui renvoient à une inconscience universelle.
L’esthétisme et le foisonnement de références rappellent que la culture est éminemment politique, ici comme ailleurs. Et qu’elle peut être motrice d’une évolution salutaire…