Jean Paul Lam en présence du vice-président de la République, Barlen Vyapoory, et du ministre Alain Wong lors de l’avant-première à la mairie de Port-Louis

A Long Way from Home est le premier film documentaire sur l’histoire de l’immigration chinoise à Maurice. Produit par Jean Paul Lam avec la collaboration d’une équipe shanghaïenne, il a été présenté en avant-première mercredi à la mairie de Port-Louis en présence du vice-président de la République, Barlen Vyapoory, du ministre Alain Wong, un des participants du film, du premier secrétaire de l’Ambassade de Chine à Maurice, Gong Yufeng, et du Lord-maire Daniel Laurent, entre autres personnalités.

D’une durée d’une trentaine de minutes, A Long Way from Home a cherché à se démarquer des documentaires classiques se focalisant sur la prise de parole de plusieurs intervenants pour des témoignages. « Nous avons voulu tisser une histoire dans ce film tout en essayant de dégager de l’émotion », explique le producteur, JP Lam. Ayant passé cinq ans en France avant de mettre le cap sur Shanghai il y a de cela quinze ans, cet entrepreneur qui dirige une entreprise de communication dans le centre fi nancier de la Chine, en se revendiquant toutefois davantage comme artiste qu’entrepreneur. Il devait confier que c’est un rêve qui le hante depuis longtemps. C’est le ministre du Tourisme, Anil Gayan, qui devait faire le déclic alors qu’il faisait la promotion de Maurice à Shanghai. « Il disait que les jeunes Mauriciens devraient faire de leur rêve une réalité ».

S’il a passé la moitié de sa vie en dehors de Maurice, c’est ici que JP Lam se sent chez lui. D’où cette identification aux immigrants chinois par rapport à toute la nostalgie qu’ils ont pu ressentir, loin de leur terre natale.Entrecoupé de scènes pittoresques de l’île Maurice, des bleus lagons avec en toile de fond le Coin de Mire par exemple, le marché central, les vieilles boutiques du quartier chinois, le film documentaire donne la parole à un homme de 72 ans, ayant grandi à Chinatown et ayant été témoin de sa transformation. Y participent en outre un jeune restaurateur chinois de 23 ans appelé à prendre la relève de son père, une jeune de la communauté et le ministre Alain Wong, qui dit être fier de ses racines.film, le vice-président de la République a estimé que « si nous ne savons pas d’où nous venons, nous ne saurons pas dans quelle direction aller ».

Pour lui, la culture et la langue sont des vecteurs de valeurs et « si nous perdons notre culture, nous en perdons les valeurs. Pour garder les valeurs, nous devons garder la langue vivante ». Pour Alain Wong, le film est « un excellent moyen pour les jeunes, particulièrement les sino-mauriciens, de découvrir leur culture, d’autant qu’aujourd’hui les traditions semblent être mises de côté ». Le lord-maire Daniel Laurent devait pour sa part déclarer qu’à Port-Louis, « nous sommes fi ers de notre quartier chinois ». Gong Yufeng, le premier secrétaire de l’Ambassade de Chine, a confi é avoir un « fort sentiment de nostalgie en regardant ce film, qui parle du patrimoine culturel et familial ». Le coût de la réalisation de ce documentaire est estimé entre Rs 8 M et Rs 10 M et a reçu le soutien de sponsors chinois. JP Lam compte le présenter à des festivals de films.