Le secteur de l’immobilier de luxe, notamment les Integrated Resort Schemes (IRS) ou autres complexes immobiliers, qui ont commencé à sentir les effets de la crise économique dans la zone euro, démarre l’année dans un contexte extrêmement difficile. Les premières administrations judiciaires de compagnies engagées dans le développement immobilier se confirment faute de “buoyancy”. Hier, l’ambitieux projet CentrePoint des frères Timol de Z + O Property, à Trianon, a ainsi été placé en liquidation avec des dettes de l’ordre de Rs 850 millions.
Port Chambly, complexe de villas IRS dans un style méditerranéen avec complexe hôtelier intégré, fait également face à de graves difficultés financières au point où des administrateurs judiciaires, André Bonieux et Mushtaq Oosman, partenaires chez PricewaterhouseCoopers, ont été nommés en vue d’élaborer des solutions pour une sortie de crise dans une tentative d’éviter la liquidation de la compagnie.
La décision de mettre en liquidation la compagnie gérant le projet CentrePoint à côté du Trianon Shopping Park a été entérinée officiellement sous les dispositions de l’Insolvency Act lors d’une réunion des créanciers hier. Mushtaq Oosman, qui agissait en tant qu’administrateur judiciaire jusque-là, a été nommé liquidateur. Les procédures de liquidation ont été déjà enclenchées en vue de récupérer les fonds nécessaires des dettes accumulées de l’ordre de Rs 800 millions.
Les travaux sur cet important chantier à Saint-Jean sur l’axe routier Port-Louis/Curepipe ont été interrompus depuis bientôt plus de deux ans en raison de graves problèmes financiers et des difficultés avec les banques. À un certain moment, les frères Zoobair et Osman Timol, grands amateurs de voitures de luxe et de grosses cylindrées, étaient en négociations avec des investisseurs du Koweït pour la reprise de ce projet comprenant un complexe commercial et des appartements de grand standing aussi bien que des salles de cinéma modernes. Mais les tractations devaient être stoppées quand les éventuels repreneurs étrangers ont découvert des zones d’ombre financières.
Mesures de sauvetage
Les principales caractéristiques de CentrePoint sont que ce projet est exécuté sur un terrain d’une superficie de 29 349 mètres carrés (quatre arpents et 82 perches), des infrastructures complétées pour un complexe commercial de trois étages et des facilités de stationnement capables d’accueillir au moins 800 voitures. Initialement, les administrateurs nommés avaient misé sur la « strategically located commercial complex between Ébène CyberCity, Trianon Shopping Centre and the St-Jean round-about » pour convaincre d’éventuels repreneurs à se lancer dans le redémarrage de ce projet devenu un véritable eyesore pour ceux qui empruntent ce tronçon de la Nationale quotidiennement ou qui fréquentent cette zone d’affaires au centre de l’île.
Un autre développement confirmant l’existence d’une passe difficile dans le secteur de l’immobilier de luxe est la mise sous administration judiciaire de Clifton Properties Limited et de Clifton Holdings Limited, deux compagnies propriétaires et gérant le complexe IRS/RES de Port-Chambly à l’embouchure de Le Goulet. André Bonieux et Mushtaq Osman, les deux administrateurs judiciaires nommés, ont animé une première séance de travail avec les créanciers en vue de faire un constat des lieux et d’élaborer des mesures de sauvetage de ces deux sociétés.
À ce stade, les dettes de ces deux sociétés sont de l’ordre de Rs 800 millions et la priorité des administrateurs est de limiter la progression de l’endettement. Très peu de détails ont transpiré de la réunion de ce matin avec un important groupe d’affaires se trouvant avec un Stake financier considérable dans Port Chambly.
Mais du côté des administrateurs judiciaires, l’optimisme est de mise quant à la possibilité de résister à un recours à la mise en liquidation. Les propriétaires et gérants de Port Chambly ont dû affronter des problèmes de trésorerie car la vente des villas n’aurait pas donné les résultats escomptés en termes financiers avec pas moins d’une quarantaine de villas IRS sur 300 non vendues jusqu’à l’heure et les opérations de l’hôtel bien en dessous des objectifs selon le schéma de profitabilité établi initialement.
Dans la communauté des affaires, l’entrée en scène des administrateurs judiciaires nommés sous l’Insolvency Act est perçue comme un signe de mauvais augure en ce début d’année d’autant plus que les signes de perspectives de relance économique se font toujours attendre. Dans d’autres milieux, le mot d’ordre aux entreprises et compagnies en difficulté est la remise en ordre et la restructuration des affaires avant que n’intervienne la douloureuse étape de la liquidation.