Le Construction Contract Special Provisions Bill, qui réglementera l’industrie de la construction, sera bientôt présenté au Parlement. Il devrait, selon le ministre des Infrastructures publiques Nando Bodha, régler un problème majeur, à savoir celui de l’arbitrage.
Intervenant à l’inauguration du siège social et de l’usine du groupe EVACO hier soir à Arsenal, Nando Bodha a affirmé qu’il y a « beaucoup de problèmes » dans le secteur entre les clients et les constructeurs, de même que les sous-contractants et les fournisseurs. « Beaucoup de litiges durent depuis des années. Nous aurons donc la possibilité de promouvoir une croissance saine de l’industrie et de régler les problèmes à l’intérieur de l’industrie en cas de litiges », a-t-il déclaré. Le ministre considère aussi en ce moment les critères de construction au niveau du Building Control Advisory Council, « où un rapport stipule que ce que nous construisons actuellement n’est pas adéquat pour le climat mauricien ».
S’agissant du groupe EVACO, Nando Bodha parle de la célébration du « génie mauricien, de l’innovation, de l’attrait du luxe ainsi que la séduction de Maurice ». Il précise : « L’immobilier de luxe est d’une exigence extraordinaire, mais je sais que nous avons énormément de problèmes concernant la compétition, la main-d’oeuvre qualifiée et l’accès aux capitaux. Nous serons l’ambassadeur auprès du ministre des Finances pour qu’un nouveau régime puisse être introduit dans le domaine de l’immobilier de luxe avec un certain nombre de nouvelles mesures qui pourraient favoriser l’accès aux capitaux, mais aussi la formation de la main-d’oeuvre. » Selon lui, il y a, à Maurice, « un contraste énorme entre ce qu’on appelle la construction du lundi cordonnier et la construction industrielle », ajoutant : « Il faut faire de sorte qu’il n’y ait pas de rupture aussi brutale. La solution, c’est la formation », a dit Nando Bodha.
Le ministre a par ailleurs estimé que, lorsque les bâtiments et les travaux publics « avancent bien, Maurice va bien ». Nando Bodha continue : « Il n’y a pas eu de gros projets dans les travaux publics ces dernières années. Nous espérons en avoir cette année puisque nous parlons de métro léger, de “Smart Cities” et de décongestion routière, qui injectera quelques milliards de roupies dans l’économie et qui devraient donner un nouveau “boost” à l’industrie de la construction. »
Pour sa part, le CEO d’EVACO, Arnaud Mayer, a déclaré que son groupe a été « précurseur » dans la promotion du secteur immobilier à Maurice. Il avance aussi avoir appris, au fil des années, comment créer les concepts et les tendances qui ont fait leurs preuves. « Nous vivons actuellement une période de transition dans le métier de la promotion immobilière et de la construction. Nous utilisons davantage les nouvelles technologies, de nouveaux procédés plus efficaces qui révolutionneront le secteur dans les années à venir. »
Le groupe EVACO a de nombreux objectifs, notamment de multiplier par trois la vitesse de construction, en quantité comme en qualité, « but que nous parvenons déjà à atteindre », affirme Arnaud Mayer. « Nous travaillons aussi sur un objectif majeur : ne pas avoir recours au service après-vente après livraison d’un bien immobilier. C’est un défi extrêmement difficile à relever, mais on y parviendra. » Arnaud Mayer a aussi déclaré que son groupe souhaite se positionner comme le premier promoteur immobilier à Maurice et comme un acteur majeur en Afrique dans les cinq prochaines années.