La magistrate Niroshini Ramsoondar, siégeant en Cour intermédiaire, a rayé une charge d’homicide involontaire par imprudence logée contre un certain Shahul Hameed. Il n’a pas été prouvé que c’est pour cause de négligence de la part du conducteur incriminé que l’accident s’est produit, a-t-elle statué.
Le conducteur incriminé était poursuivi en Cour intermédiaire pour avoir causé la mort d’un homme de 56 ans, qu’il a percuté alors qu’il se dirigeait vers la ligne Berthaud, le 1er mars 2010. La victime, qui a été percutée alors qu’elle se trouvait au milieu de la route le soir du drame, est décédée le même jour, une heure plus tard. La cause du décès a été attribuée à un traumatisme causé par de multiples blessures. Dans ses déclarations à la police, le conducteur relate qu’il roulait à une vitesse de 45 km/h le long de la ligne Berthaud ce soir-là quand il a aperçu un homme en position assise, tentant de se lever pour traverser la route subitement. Il explique qu’il n’a pu éviter l’impact car il a aperçu le piéton à la dernière seconde vu qu’il faisait nuit et qu’il a appliqué ses freins mais en vain. N’étant pas un résident mauricien, au moment où il a vu des badauds s’approcher du lieu de l’accident, il a pris peur. Il ajoute qu’il avait décidé de se rendre à la police avec son avocat le lendemain mais que la police a pu le retracer et l’a emmené au poste le lendemain matin.
La poursuite a soutenu que le conducteur a fait preuve d’imprudence vu qu’il n’a pas freiné pour éviter le piéton. Il s’avère que selon les détails de l’enquête, la victime avait 395 mg d’alcool par 100 ml de sang et 412 mg d’alcool par 100 ml d’urine. L’accusé devait d’ailleurs soutenir que dans de telles conditions, aucun conducteur avisé n’aurait pu éviter l’accident. La cour, relevant par ailleurs l’absence de preuves indépendantes dans cette affaire, a conclu que l’accusé ne peut être tenu responsable de la mort de la victime vu les circonstances dans lesquelles le drame s’est produit. Toutefois, la magistrate l’a reconnu coupable de n’avoir pas rapporté l’accident après qu’il s’est produit.