La magistrate Kesnaytee Bissoonauth, siégeant en cour criminelle intermédiaire (CCI), a prononcé un verdict d’acquittement en faveur d’un présumé détenteur d’objets volés. Il a été impliqué par un de ceux qui avaient cambriolé une maison, mais faute de preuves solides de la police, la magistrate a estimé que l’on ne peut se fier uniquement sur les accusations d’un voleur pour condamner une personne.
Selon l’acte d’accusation, Jean Herminette, l’inculpé qui a été acquitté, était accusé d’avoir « unlawfully and knowingly receive certain articles which had been abstracted by means of a crime, to wit : a digital camera make Canon, a laptop make Gigabyte, a cellular phone make Blueberry, a pair of training shoes make Reebok and a pair of trousers, abstracted by means of a larceny made by more than two individuals » au préjudice d’une femme habitant La Preneuse, qui a rapporté le vol à la police.
Lors du procès en CCI, le constable Ragoo a confirmé que l’accusateur, un homme appelé Jean Christophe James Figaro, a été poursuivi devant la même instance. Il a été trouvé coupable et condamné en conséquence. Ce dernier a également cité le nom de deux complices, qui ont eux aussi pris part au cambriolage. Toutefois, ces deux complices n’ont pu identifier le dénommé Jean Herminette.
Appelé à la barre des témoins, Jean Christophe Figaro a nié avoir fait de fausses accusations contre l’accusé dans l’intention de se venger. Il a aussi nié avoir téléphoné au père de l’accusé pour lui demander de l’argent. Il a toutefois concédé que M. Herminette père a rapporté un cas contre lui, Figaro, à la police.
Déposant sous serment, Jean Herminette a réaffirmé qu’il a rien pris de Figaro ou de ses complices. Il a expliqué qu’il a eu durant le mois de février 2010, une discussion avec Figaro concernant un jean que ce dernier voulait lui vendre pour Rs 500. Il a refusé l’offre. Par la suite il n’a pas cru devoir rapporter cette histoire à la police, parce qu’il ne l’avait pas prise au sérieux. Quelque temps après, la police est venu l’interpeller à la suite d’une allégation formulée contre lui par un certain Totof. Il a su plus tard qu’il s’agissait de Figaro.
Toujours selon ce qu’a dit Herminette en cour, Figaro l’aurait menacé, alors que les deux se trouvaient en détention, de l’impliquer dans d’autres cas de vol s’il ne lui remettait pas la somme de Rs 50 000. Après sa remise en liberté, Herminette a rapporté cette menace à la police. Son père, qui a reçu lui aussi des menaces par téléphone, a consigné une déposition à la police.
Après avoir analysé tous les éléments qui ont été rapportés en cour, la magistrate affirme que d’abord, le tout premier fait à établir par la poursuite est que l’accusé a reçu tous les articles volés susmentionnés. Sur ce point, elle note que la poursuite n’a que la version de Figaro. « The Court bears in mind that the latter’s evidence is to be taken with caution being a self confessed accomplice who has already been convicted for larceny made by two individuals. However, in the absence of any corroborative evidence, the Court is of the view that it is most unsafe to rely on the sole words of witness N°7 (Ndlr : Figaro) to find a conviction of guilt beyond reasonable doubt against the accused », déclare la magistrate Bissoonauth.