« Le plus grand handicap au développement du commerce se cache derrière les procédures non-tarifaires qui sont très souvent difficiles à détecter », a observé Assad Bhuglah, directeur du International Trade Centre du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international. C’était ce matin à l’ouverture d’un atelier de travail portant sur cet obstacle majeur au développement du commerce régional à l’hôtel Le Méridien, Balaclava. Y participaient une cinquantaine de représentants venant des ministères, de la Chambre de commerce et d’industrie de Maurice (CCIM) de la Chambre d’agriculture (CA), du Joint Economic Council (JEC), du Board of Investment (BOI) et d’Enterprise Mauritius (EM).
Lors de son intervention, Assad Bhuglah a observé que « les autorités mauriciennes ont axé leurs efforts pour éliminer les barrières tarifaires durant les trois dernières décennies ». « Aujourd’hui, poursuit-il, on peut constater que les tarifs ont été substantiellement supprimés sur presque tous les produits au niveau du commerce régional (SADC, COMESA, COI, UE). Mais le plus grand handicap au développement du commerce se cache derrière les procédures non-tarifaires qui sont très souvent difficiles à détecter ».
Selon le directeur du International Trade Centre, tel est le cas car ce qui constitue un obstacle pour certains ne l’est pas pour d’autres. « Non-tariff barriers remain hidden behind laws, regulations and administrative practices. Some can be traced in unwritten laws and traditional practices. » Il note que leurs éliminations ne peuvent se faire qu’au travers des négociations continues d’autant que « the more we curb the non-tariff barriers the more they keep on manifesting in other forms with more sophistication ».
Prenant la parole à son tour, le chef du department de Recherche et Analyse du Marché au International Trade Centre de Genève, Moundher Mimouni a réitéré son soutien à Maurice. Il a déclaré que son organisme apportera davantage « son assistance technique afin d’aider Maurice à combattre les barrières non-tarifaires qui se manifestent de plus en plus sous plusieurs formes ».
À noter que les mesures non-tarifaires couvrent un large éventail de sujets : mesures sanitaires et phytosanitaires, règles techniques, conditions/exigences de certification et de permis, entre autres. Selon un communiqué émis par l’International Trade Centre, « aussi longtemps que ces mesures sont appliquées pour protéger la vie de l’être humain, de l’animal et de la plante, elles constituent un objectif légitime qui est justifié. Cependant, ces mesures pourraient être également appliquées comme un outil protectionniste et dans ce cas, elles n’agissent pas seulement comme des obstacles aux échanges commerciaux mais par extension, pourraient avoir un impact négatif sur le niveau de concurrence de l’économie ».
Cet atelier de travail était aussi l’occasion pour les participants de se pencher sur les conclusions d’une étude menée par le centre entre février et septembre 2011. Elle a été réalisée en collaboration avec la CCIM, l’EM et la SMEDA. Son but était d’identifier les obstacles entravant la création d’entreprises. « L’idée était de les éliminer et de rationaliser les procédures. »
À l’issue de l’atelier, les participants ont été appelés à « délibérer sur des solutions potentielles et des options stratégiques ».