Le couple kazakh Ravil Khakimoz (33 ans) et Olga Istyufeyeva (31 ans) sera interrogé au quartier général de l’ADSU ce mardi, où il devra donner des détails concernant le réseau ayant commandité l’importation de 7 kg d’héroïne d’une valeur de Rs 105 M. Auparavant, tous deux devaient participer à une parade d’identification afin de déterminer si Marie Linda Mannick (45 ans) et Jean Patrice Begue (20 ans) sont les deux Mauriciens qui sont venus récupérer le colis de drogue dans leur chambre d’hôtel, au Morne, dimanche matin. Cet exercice s’avère crucial, ces deux habitants de Batterie-Cassée ayant nié être mêlés à ce trafic de drogue et évoquant une « erreur » de la police. Le jeune homme a même avancé, lors de ses premières déclarations à la police, que c’est la quadragénaire qui l’avait invitée à passer le week-end dans cet établissement 5 étoiles, ajoutant qu’il ignorait qu’une transaction de drogue s’y déroulerait. « Mo pa konn narnien dan sa zafair la drog-la », n’a cessé de clamer le jeune homme. 
Idem pour Marie Linda Mannick, qui allègue que la police s’est « trompée de cible ». Mais les hommes du DCP Choolun Bhojoo et du surintendant Sharir Azima ne sont pas du même avis vu que les deux Mauriciens se sont rendus dans la chambre du couple Kazakh dimanche pour prendre possession de la drogue. C’est la quadragénaire qui aurait remis USD 8 000 aux mules. 
Les enquêteurs comptent également passer à la loupe leurs cellulaires pour déterminer si les Mauriciens ont bien pris contact avec les Kazakhs. De même, ils comptent obtenir les images de vidéosurveillance de l’hôtel montrant que les deux contacts mauriciens ont bien rencontré les étrangers. Par la suite, Marie Linda Mannick et Jean Patrice Begue seront confrontés à ces éléments. Lundi après-midi, l’ADSU a perquisitionné leur domicile à Batterie-Cassée en leur présence, mais aucun objet incriminant n’y a été retrouvé. Cet exercice s’est déroulé après leur comparution au tribunal de Mahébourg, où une accusation provisoire d’importation de drogue a été logée contre eux. 
Par ailleurs, l’enquête se poursuit sur le terrain en vue de démanteler le réseau ayant importé l’héroïne. Selon nos renseignements, des personnes proches d’un trafiquant, actuellement détenu, sont dans le collimateur de la police. La hiérarchie de l’ADSU a d’ailleurs donné des instructions aux éléments de la Field Intelligence Unit afin de les surveiller et de rapporter leurs différents déplacements. Ces personnes ne sont pas des inconnus de la justice et ont déjà fait parler d’eux dans le passé pour des affaires de drogue. Par manque d’éléments à leur encontre, ils n’ont cependant pas été inquiétés jusqu’ici. 
D’autre part, l’ADSU a sollicité les autorités kényanes pour obtenir plus de renseignements sur les deux ressortissants kazakhs, qui avaient acheté leur billet sur place vendredi. Ces derniers ont en effet transité par Nairobi avant de gagner notre île. La police souhaite savoir si leurs bagages ont été passés au scanner à l’aéroport de Nairobi avant leur vol à destination de Mombasa. Avec l’arrestation des deux Kazakhs, les casernes centrales ont demandé aux éléments de la MRA Customs Anti-Narcotics Section d’être vigilants avec l’arrivée des passagers sur certaines destinations et de ne pas cibler que des Africains pour effectuer des fouilles. « C’est la première fois que des Kazakhs sont utilisés comme mules. Nous devons revoir nos stratégies et ne plus cibler qu’une seule catégorie de passagers », explique une source de la MRA Customs Anti-Narcotics Section.