Dans notre édition à la mi-septembre, Week-End avait attiré l’attention sur une situation qui pourrait, à terme, mettre en danger toute une industrie à Maurice. A savoir l’importation des chevaux à Maurice, où un centre de quarantaine en particulier ne respectait pas les conditions imposées par l’Union Européenne pour éviter toute contamination au fameux Africain Horse Sickness (AHS). Parmi les nombreuses conditions élaborées dans le protocole avec l’UE et le ministère de l’Agro-Industrie, c’est le département vétérinaire qui a autorité d’accorder les permis d’exportation vers l’Europe, est que les chevaux doivent passer 90 jours en quarantaine avant d’être embarqués pour le vieux continent.
Qui plus est le groupe des chevaux, une fois placé en quarantaine, ne doit pas être exposé «equidae», soit d’autres animaux sur pied avec sabots dans le centre de quarantaine. Pour rappel ces conditions sont imposées aux centres de quarantaine afin de ne pas affecter les chevaux qui sont déjà dans le centre pendant les 20 jours d’isolation avant d’être mis en liberté pendant les 30 jours qui suivent pour ensuite être mis en condition de pré-importation pendant 40 jours.
Mis en garde sévère de l’Agro-industrie
Il nous revient que le centre de quarantaine incriminé, RG Poste Lafayette Training & Quarantine Centre, malgré les avertissements considérés comme «très sévères » par une source au ministère de l’Agro-industrie en date du 11 août dernier, il s’avère que le centre ne respecte toujours pas les conditions du protocole.  Dans cette lettre l’Import Permit Committee a rappelé à  RG Poste Lafayette Training & Quarantine Centre, dont le gérant n’est autre que Subiraj Gujadhur, actuel entraîneur de l’écurie R. Gujadhur, de l’importance de rester les 90 jours de délais entre le départ d’un contingent et l’arrivée d’un autre groupe de chevaux pour exporter vers l’Europe.
Or selon les informations de Week-End un premier contingent de 29 chevaux est arrivé dans le centre le 26 juillet 2017 pour une isolation de 90. Mais un second « batch » de 23 chevaux est aussi arrivé dans le même centre le 21 août 2017. Soit 29 jours seulement séparent ces deux arrivées alors que la loi et l’Union Européenne imposent les fameux  90 jours.  Logiquement le second contingent aurait dû arrivé dans le centre de quarantaine que le 23 octobre prochain. Selon nos sources la mise en condition du premier « batch » des chevaux pour être exporté vers l’Europe a déjà commencé à savoir  40 jours d’isolation avant l’embarquement vers l’Europe. Mais les conditions qui consistent à ce que  les chevaux doivent être confinés dans une espace clôturée et contrôlée et sans la présence d’aucun autre animal sur pied ne sont toujours pas respectées. Puisque c’est là même piste, le même carrousel et le même personnel, vecteur de transmission, qui ont été utilisés avec les deux contingents de chevaux qui sont arrivés à deux dates différentes dans le centre. Bref ce sont les mêmes infrastructures qui sont  utilisées pour deux batchs de chevaux différents et donc selon les protocoles établies les deux contingents de chevaux doivent être installés dans deux quarantaines différents.
Mais la question se pose. Qui au département des vétérinaires du ministère de l’Agro-industrie se sent aussi fort pour accorder deux permis de quarantaine de 90 jours à ce centre sans se soucier des conditions attachées à ce type de permis ? Il nous revient, selon nos sources, que cette situation est source de conflit au sein même de ce département. D’autant que selon nos informations RG Poste Lafayette Training & Quarantine Centre a fait une demande pour un second centre de quarantaine auprès des autorités concernées. Demande qui n’a pas encore été agrée. Par ailleurs la présence des camions dans la cour de la quarantaine hier fait poser encore plus de questions sur ce dossier.