Ayant fait passer 451 grammes d’héroïne dans 97 boulettes, Nirina Razafimanantsoa a plaidé coupable devant la Cour d’assises. Le juge Benjamin Marie Joseph l’a condamnée à 20 ans de prison. Toutefois, environ deux ans seront déduits de la sentence, correspondant à la moitié du temps passé en détention préventive.
La passeuse malgache Nirina Razafimanantsoa était poursuivi devant la Cour d’assises pour importation de 451 grammes d’héroïne et en tant que trafiquante sous la Dangerous Drugs Act. Elle était représentée par Me Neelkanth Dulloo. Elle a plaidé coupable.
Le juge Benjamin Marie Joseph a fixé hier sa peine d’emprisonnement à 20 ans de servitude pénale comme suggérée par le Principal State Counsel Me Sanjeev Baungally, représentant la poursuite. La moitié des 43 mois de détention préventive sera déduite de la sentence, soit environ deux ans. Nirina Razafimanantsoa devra également s’acquitter d’une amende de Rs 100 000.
Nirina Razafimanantsoa a été arrêtée par l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) dans un hôtel à Rose-Hill et a coopéré avec les autorités. En fouillant la chambre de la Malgache, les policiers ont trouvé une quarantaine de boulettes d’héroïne qu’elle avait régurgitées. Elle a participé à l’exercice de livraison surveillée mais qui s’est révélé infructueux pour la police. Pourtant, son contact local l’avait téléphonée en présence des officiers afin de convenir d’un rendez-vous à Grand-Baie mais la personne n’est venue récupérer la marchandise. L’exercice a alors été annulé et la passeuse, conduite à l’hôpital de Candos.
Selon l’inspecteur Subbareddi de la brigade anti-drogue, l’héroïne contenue dans 97 boulettes était évaluée à environ Rs 6,7 millions. Lors de son contre-interrogatoire, il a soutenu que la jeune femme a révélé le nom de ceux impliqués dans le trafic entre Maurice et Madagascar ; ces informations ont été toutefois données après l’arrestation du présumé contact local Stellaris Harimamaima Louise.
Nirina Razafimanantsoa a également donné d’autres informations, notamment le nom de la personne qui lui a fait ingurgiter les boulettes, Honorine Raharimaslala, qu’elle a identifiée sur des photos. Les détails qu’elle a donnés ont aidé Interpol à mettre la main sur deux femmes impliquées dans le trafic de drogue à Madagascar. Elle a soutenu qu’une autre passeuse est arrivée de la Grande île avec une quantité de drogue plus importante que ce qu’elle avait fait passer. Selon le rapport du laboratoire, la pureté de la drogue trouvée sur l’accusée était de 62 %.
La passeuse malgache a fait une déclaration du banc des accusés, indiquant qu’elle a un enfant de trois ans avec elle en prison. Elle s’est excusée pour ce qu’elle a fait et a avancé avoir été contrainte par certaines personnes à Madagascar. Elle a également fait valoir que ses problèmes d’argent l’ont fait franchir le pas. Une récompense de 7 millions de francs malgaches avait été promise à la jeune femme si elle accomplissait sa tâche. Selon elle, ce serait sa belle-soeur et la soeur de cette dernière qui l’ont introduite à ce trafic de « poudre d’or ».
Rappelons qu’un trafiquant de drogue risque jusqu’à 60 ans de prison et Rs 2 millions d’amende.