Poursuivie aux Assises pour “importation” et “possession” de drogue, la Malgache Amina Houssen a écopé de dix ans et de trois ans de prison respectivement pour les deux charges. Elle devra aussi s’acquitter de Rs 60 000 d’amende sous les deux charges et purgera ses peines concurremment. Cette commerçante de profession a été incarcérée quatre ans à Maurice après son arrestation à l’aéroport SSRN le 19 juin 2011. Le temps passé en détention préventive sera déduit de sa sentence.
La Malgache, âgée de la quarantaine, avait en sa possession environ 356,85 g d’héroïne et 13,538 g de cannabis, dissimulés dans des paquets cadeaux dans ses bagages. Amina Houssen avait été interceptée à bord du vol MK 289, en provenance de Madagascar, le 19 juin 2011. Une enquête discrète avait par la suite été menée pour s’assurer qu’Amina Houssen n’a pas de contacts locaux. La marchandise est estimée à Rs 6 millions. Elle n’avait pas nié avoir été interpellée avec de la drogue à l’aéroport SSR, mais affirmait avoir été piégée par une Malgache qui lui a fait croire qu’elle pouvait arranger ses problèmes financiers si elle l’aidait à transporter « des trucs » à Maurice.
Dans l’énoncé de son jugement, le juge Benjamin Marie-Joseph a pris en compte les soucis financiers de la Malgache, le fait qu’elle ait plaidé coupable et qu’elle ait coopéré avec la police. Selon les détails du dossier à charge, la Malgache avait même l’intention de laisser les bagages à l’aéroport une fois qu’elle avait su qu’elle transportait de la drogue. Toutefois, le juge a estimé que la Malgache devait avoir une petite idée de ce qu’elle transportait et condamne le fait qu’elle ait accepté l’offre d’un inconnu de transporter des substances à Maurice contre rémunération.
Sept déclarations ont été consignées avec l’accusée, dans lesquelles celle-ci indique avoir été arrêtée l’école à 13 ans pour avoir aidé sa mère, qui tenait un commerce de vêtements et d’assiettes à Madagascar, et avoir repris le commerce après sa mort. Depuis 2008, elle vit en concubinage avec un Guinéen et est mère d’une fille issue d’un premier mariage ainsi que d’un garçon. Dans ses déclarations, Amina Houssen  soutient que ses revenus n’étaient pas suffisants pour subvenir aux besoins de sa famille et qu’elle avait « trouvé un moyen » pour se sortir de ce pétrin. « On m’a présentée à une certaine Mimi, qui voulait m’aider à gagner de l’argent », indique-t-elle. « On m’a encouragée à faire le voyage à Maurice, tous frais payés en sus de l’argent de poche, pour importer des trucs », ajoute-t-elle. Toutefois, concernant les « trucs », l’accusée indique qu’elle n’a pas cherché à savoir de quoi il s’agissait, disant avoir accepté le voyage pour résoudre ses problèmes financiers.
« Franchement, je ne savais pas que je transportais de la drogue. Mimi m’a dit que c’était de la poudre d’or que je transportais pour la remettre à une personne, dans un hôtel de l’île », soutient Amina Houssen. L’accusée s’était excusée pour le tort commis, ajoutant qu’elle était vulnérable du fait de ses problèmes financiers et qu’elle ne peut voir ses deux enfants car étant en détention à Maurice. Me Sharma Bandhu défendait les intérêts de la Malgache alors que Me Shakeel Bhoyroo, lui, représentait la poursuite.