Poursuivis pour l’importation de 24,237.9 grammes de résine de cannabis sur le sol mauricien, deux Malgaches, Bernadette Hélène Ranorosoa et Rado Andriantsoa Ranaivo, ont comparu jeudi devant l’instance criminelle de la cour suprême. Ils ont plaidé coupable et ont écopé de 35 ans de prison et de Rs 100 000 d’amende du juge Prithviraj Fekna.
Bernadette Hélène Ranorosoa (accusée N°1) est la mère de Rado Andriantsoa Ranaivo (accusé N°2). Ce dernier est diplômé en gestion d’entreprise mais travaille comme musicien dans plusieurs hôtels. Le directeur des poursuites publiques (DPP), représenté en cour par le Senior State Counsel Me Pravin Harrah, leur a intenté un procès pour importation de 24,237.9 grammes de résine de cannabis sous la Dangerous Drugs Act. Ils ont plaidé coupable et le juge Prithviraj Fekna les a condamnés à 35 ans de prison et de Rs 100 000 d’amende.
Rado Andriantsoa Ranaivo a expliqué qu’il est venu à Maurice à deux occasions avant de se faire arrêter. Il a soutenu qu’il est venu avec sa petite amie Monique en décembre 2006 et une autre fois en août 2007. La première fois il voulait acheter des produits pour les revendre sur la Grande Île et la deuxième pour enregistrer ses chansons. L’accusé a avancé qu’il a été approché par un certain Saïd pendant qu’il animait une soirée et celui-ci lui aurait proposé de transporter des meubles à Maurice.
Le Mauricien lui aurait promis de tout payer et une compensation de 450 euros à chacun des quatre ou cinq personnes qui aideraient après la livraison. Rado Andriantsoa Ranaivo devait en parler à sa mère et cette dernière a fait le nécessaire pour trouver d’autres personnes. Saïd devait donner les numéros de téléphone d’un certain Julio, contact mauricien, à Bernadette Ranorosoa pour qu’elle l’appelle pour la livraison des meubles.
C’est le 6 décembre 2007 que Rado Ranaivo, accompagné de la petite amie et la nièce de celle-ci, a pris l’avion pour Maurice. En arrivant au pays, ils ont été accueillis par un Mauricien et emmenés dans un hôtel où Julio les attendait. Bernadette Ranorosoa et cinq femmes sont arrivées deux jours plus tard par bateau à Port-Louis avec les valises et les dix tables que Saïd leur avait données.
Rado Ranaivo voulait aller au port pour accueillir sa mère et les autres mais dit avoir entendu à la radio que la police avait arrêté six femmes au port. Il a alors compris que c’était sa mère et ses autres compatriotes. Le musicien a alors informé Monique et sa nièce et a essayé de contacter Julio mais le téléphone était éteint. Alors qu’ils prenaient un taxi pour Grand-Baie, la police les a interceptés et ils ont répondu qu’ils ne savaient rien à propos de la drogue. Rado Ranaivo a toutefois identifié les meubles et les bagages sur une photo. Lors d’une perquisition dans les chambres d’hôtel, la police n’a rien trouvé d’illégal. Les enquêteurs ont toutefois saisi les téléphones portables pour les besoins de l’enquête.
Rado Ranaivo a, deux semaines plus tard, identifié Julio en Cour. Lors du procès, Bernadette Ranorosoa et son fils ont présenté leurs excuses à la Cour et à la société mauricienne. Ils étaient respectivement représentés par Mes Manish Gobin et Ritesh Sumputh. L’avocat de la poursuite a toutefois demandé au juge Fekna de ne pas ordonner la destruction de la drogue à cause des autres procès liés.