Walter Wang Teh, qui répond de deux charges provisoires d’importation et de trafic de drogue, a vu sa demande de liberté conditionnelle rejetée par la magistrate Diya Bessoondoyal, siégeant à la Bail and Remand Court. Dans son Ruling, la magistrate a évoqué la possibilité que le demandeur quitte le pays puisqu’ayant des contacts à l’étranger possédant des bateaux ou qu’il soit tenté par un autre délit de par les dettes qu’il devait rembourser.
Walter Wang Teh répond de deux charges provisoires de trafic et importation de drogue, en violation des articles 30 et 47 de la Dangerous Drug Act. Le 12 février 2013, des douaniers de l’aéroport SSR ainsi que des membres de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) avaient interpellé un ressortissant français en provenance de Madagascar avec 278 g d’héroïne, 4,7 g de cocaïne et une tablette de Subutex, le tout d’une valeur de Rs 4 251 000.
Questionné par des officiers de l’ADSU, le ressortissant français avait indiqué qu’il était venu à Maurice sous les instructions d’un ressortissant malgache, qui lui avait donné le numéro d’un contact mauricien. L’ADSU avait alors mis sur pied un exercice de livraison contrôlée pour interpeller le contact en question lors d’une transaction dans un hôtel où le passeur français avait déjà réservé une chambre.
Ce n’est que le lendemain, dans la matinée, qu’une femme de chambre lui avait remis une enveloppe contenant une somme d’argent et une note. C’est en visionnant les images des caméras de surveillance que les policiers ont réussi à intercepter le présumé trafiquant qui tentait de placer un colis sous la porte de la chambre du passeur français. Appréhendé, le présumé trafiquant avait admis qu’il avait fait importer la drogue à cause des lourdes dettes qu’il avait à payer.
Avant de rendre son Ruling, la magistrate Beessoondoyal est revenue sur les nouveaux développements entourant cette affaire. Elle a indiqué que l’enquête avait été complétée et que le dossier avait été envoyé au Directeur des Poursuites Publiques en novembre 2014. Celui-ci a déjà indiqué qu’il entamerait des poursuites contre le demandeur devant les Assises. La magistrate a également évoqué le fait que le demandeur était poursuivi en Cour de Moka pour avoir été trouvé en possession d’une clé à menottes dissimulée dans sa poche alors qu’il était en détention policière. Les charges avaient toutefois été abandonnées contre lui. Avant de rendre sa décision, la magistrate a pris en considération la déclaration de l’Enquiring Officer dans cette affaire, qui a objecté à sa remise en liberté conditionnelle en indiquant que le demandeur risquait de quitter le pays. Pour soutenir son objection, il avait indiqué que, selon la police, le demandeur avait un business de plongée et des contacts à l’étranger possédant des bateaux.
La magistrate a ainsi souligné que la possibilité que le demandeur quitte le pays par voie nautique n’était pas à écarter. Elle a pris en considération le fait que le demandeur venait d’une famille aisée et qu’il serait l’héritier d’une propriété à l’étranger, mais que cela ne l’avait pas empêché de commettre un délit. La police a également évoqué le risque qu’il commette d’autres délits, le trafic de drogue étant un business lucratif. La demande de liberté conditionnelle a donc été rejetée, la poursuite devant agir au plus vite pour que l’affaire soit logée incessamment devant la Cour d’assises.