La Mauritius Stationery Manufacturers (MSM), un des fleurons du secteur de l’imprimerie à Maurice, et cotée sur le marché officiel de la Bourse, a été placée sous administration par le conseil d’administration de la société vu que celle-ci n’a pu obtenir les résultats escomptés dans le cadre du plan de restructuration financière mis en exécution depuis 2011. Gérald Lincoln du cabinet Ernst & Young a été nommé administrateur de MSM depuis hier, en vertu de la section 2015 de l’Insolvency Act de 2009.
Informant les milieux boursiers de sa décision sous forme d’une « cautionary announcement » en date du 25 novembre 2013, le conseil d’administration déclare que, malgré tous les gros efforts déployés depuis le début de l’exercice de restructuration financière, la société a été incapable jusqu’ici de « turn around its operations ». Les principaux bailleurs de fonds se seraient montrés réticents à y injecter des capitaux frais additionnels, forçant ainsi le conseil d’administration à placer le MSM sous administration judiciaire. Le conseil d’administration recommande aux actionnaires et au public en général de faire montre de prudence concernant les transactions autour des titres de MSM en bourse. Ils seront informés des développements à venir.
Créée en 1968, la MSM avait connu une expansion fulgurante dans les années 80 mais, indique la direction dans un récent communiqué de presse annonçant un changement de direction —, au replacement de Hervé Duranton par Frédéric Martin-Milon comme General Manager à compter du 1er septembre 2013, « la perte des marchés, surtout à l’international, couplée à une chute de sa rentabilité, a fait que MSM se trouve aujourd’hui dans une situation difficile ». La société, soulignait ce même communiqué, avait entamé un « vaste plan de restructuration en plusieurs étapes depuis 2011 ».
Proparco, filiale de l’Agence Française de Développement (AFD), s’est jointe au capital de MSM en novembre 2012 avec un apport de l’ordre de Rs 150 millions. L’entrée de Proparco dans le capital de MSM, faisait-on ressortir alors, venait compléter l’exercice de recapitalisation entrepris par l’actionnaire principal, GML Investissement Ltée, et d’autres bailleurs de fonds. « L’ensemble de l’entreprise s’est engagé dans un ambitieux processus de transformation. L’arrivée de Proparco, aux côtés de GML, témoigne de la confiance que peut avoir un grand investisseur international dans les orientations que nous avons prises et dans l’avenir de MSM. L’apport significatif en capital de Proparco contribuera en bonne partie à rétablir l’assise financière de MSM et nous permettra d’avancer sur nos plans d’investissements et de rationalisation industrielle avec notamment le regroupement de toutes nos activités de production sur un seul site », avait soutenu Hervé Duranton.
La participation de Proparco était un complément à la décision des actionnaires de MSM, prise lors d’une assemblée spéciale extraordinaire tenue le 25 septembre 2012, de procéder à une augmentation de capital à hauteur de Rs 263,4 millions, à la création d’une nouvelle catégorie d’actions (sans droit de vote) suivant la conversion de dettes à hauteur de Rs 80 millions en actions.
On pensait que ces actions de levée de capitaux allaient permettre à MSM de renverser la vapeur et de régler ses problèmes de « coût de structure élevé, de manque de productivité », entre autres, et que les résultats opérationnels s’amélioreraient au fil des mois.
La compagnie devait dans le courant de 2013 prendre la décision de céder ses opérations de cartonnerie à un repreneur pour se concentrer sur le segment d’activités où elle pensait jouir de plus d’avantages concurrentiels, notamment le Packaging Printing. L’entreprise expliquait que, du fait du contexte économique difficile, l’outil de production liée aux activités de cartonnerie demandait une mobilisation de fonds additionnels « qui retardait le succès de sa restructuration »
Hervé Duranton, en tant que CEO, avait fait les observations suivantes : « Se séparer d’une de nos principales activités a été une décision difficile mais réfléchie. En tant qu’employeur responsable, nous nous assurons que toutes les étapes soient conformes à la loi et nous avons, de ce fait, mis en place des structures pour assurer une bonne transition pour toutes les parties concernées. » Selon lui, MSM aurait été en mesure, à l’avenir, de renforcer ses positions dans le segment du Packaging Printing (production de boîtes, d’étiquettes, édition de manuels scolaires, entre autres) qui, faisait-on remarquer, présentait un potentiel de croissance intéressant, notamment sur les marchés d’Afrique de l’Est.
Mais, comme l’a précisé le conseil d’administration dans son communiqué d’hier, la restructuration n’a pas permis à MSM de changer la donne comme elle l’espérait.