L’offre de rachat de l’ensemble du « business » (équipement de production et certains autres actifs) de la Mauritius Stationery Manufacturers Ltd (MSM) soumise par le groupe La Sentinelle Ltée a été retenue par l’administrateur de MSM, placée sous administration judiciaire depuis la dernière semaine de novembre 2013. C’est ce qu’on a appris ce matin des milieux proches de l’administrateur.
La proposition de rachat présentée par le groupe La Sentinelle Ltée figurait parmi une demi-douzaine reçues par l’administrateur, Michel Chan Sui Ko. Les premières indications obtenues de sources proches du dossier sont que l’offre du groupe de presse tourne autour de Rs 75 millions mais concerne principalement l’équipement de production, le stock, les systèmes informatiques et les mobiliers de bureau. Le repreneur ne rachète pas les bâtiments de MSM ni les dettes de cette dernière, précisent les milieux concernés. Concernant les employés de la société, au nombre de quelque 180 ouvriers et personnel administratif, la direction du groupe La Sentinelle Ltée, laisse-t-on comprendre, a indiqué qu’elle fera de son mieux pour en retenir le plus grand nombre. Une réunion portant sur l’offre de rachat a eu lieu hier après-midi entre l’administrateur de MSM et les dirigeants du groupe La Sentinelle Ltée.
Pour ce qui est des autres actifs de MSM, plus précisément les deux bâtiments qu’elle opérait à Bell-Village et Camp-Benoît, on indique que ce dernier a été cédé à l’homme d’affaires Iqbal Joonas pour un montant avoisinant les Rs 30 millions. Le bâtiment de Bell-Village, d’une superficie d’environ 60 000 pieds carrés et où était concentrée la plus grosse partie des activités de l’entreprise, sera vendu par l’administrateur. Des repreneurs se sont déjà manifestés pour ce bâtiment pour lequel, dit-on, l’administrateur espère réaliser des revenus additionnels d’au moins Rs 50 millions.
Mais tout compte fait, la vente de l’équipement et des systèmes de production et des bâtiments occupés par MSM seront insuffisants pour repayer les dettes de la société qui se montent à environ Rs 400 millions. Les Rs 150/160 millions que l’administrateur récupérerait à partir de la vente des actifs de MSM seront principalement utilisés pour le remboursement des dettes dues aux banques commerciales, dont la Mauritius Commercial Bank et State Bank of Mauritius.
MSM s’est retrouvée dans un gouffre financier énorme en dépit de multiples tentatives de ses directeurs de redresser les comptes de la compagnie, notamment avec la mise en exécution d’un programme de restructuration des activités de l’entreprise et d’injection de capitaux frais. Les exercices de remise à flot de l’entreprise avaient démarré en 2011. Mais, le conseil d’administration de MSM devait, dans un communiqué en date du 25 novembre 2013, faire état de l’incapacité de l’entreprise à « turn around its operations » et décidait, suite aux difficultés pour obtenir le soutien continu des bailleurs de fonds (les banques en particulier), de placer la société sous administration conformément à la section 215 de l’Insolvency Act de 2009.
Gerald Lincoln du cabinet d’experts-comptables Ernst & Young avait été nommé administrateur avec effet immédiat mais allait, par la suite, passer la main à Michel Chan Sui Ko, expert-comptable indépendant, pour éviter un conflit d’intérêts, le cabinet d’Ernst & Young ayant dans le passé assuré l’audit des comptes de MSM.