Le Premier ministre, qui inaugurait hier l’hôtel St Régis, au Morne, a soutenu qu’il n’est pas question qu’un partenaire stratégique prenne le contrôle de la compagnie aérienne Air Mauritius. L’industrie touristique reste un des principaux piliers de l’économie mauricienne, affirme Navin Ramgoolam, qui a invité les hôteliers à ne pas sacrifier ceux se trouvant au bas de l’échelle pour réduire les coûts d’opération dans les moments difficiles.
Construit sur le site de l’ancien hôtel Berjaya, le St Régis est le premier établissement de la chaîne hôtelière américaine à s’implanter dans la région et en Afrique. Sa construction a nécessité des investissements de US $ 175 M, a laissé entendre le Premier ministre.
Tout en reconnaissant la nécessité pour Air Mauritius d’avoir un partenaire stratégique, Navin Ramgoolam a affirmé qu’il n’est pas question que ce dernier ait le contrôle sur la compagnie aérienne nationale. « Air Mauritius is a great company with great assets », a-t-il lancé. Il a toutefois affirmé ne pas être d’accord avec certaines décisions de MK dans le contexte de la crise économique. Il estime qu’Air Mauritius aurait dû maintenir la première classe à bord des avions parce qu’il y a de plus en plus de personnes fortunées qui voyagent. C’est un créneau à ne pas négliger, soutient-il.
Concernant l’ouverture du ciel mauricien, le PM a estimé qu’il y a une grande variété d’accords bilatéraux en matière aérienne avec plusieurs pays qui ne sont pas exploités.
Il a insisté sur l’importance de l’industrie touristique dans l’économie mauricienne, qui représente 8 % du produit intérieur brut et emploie quelque 30 000 personnes. Il a estimé que les hôtels devraient sortir des sentiers battus et diversifier leurs activités pour attirer les touristes culturels. Dans ce contexte, il a observé que Maurice dispose de deux sites figurant sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, dont Le Morne, situé non loin de l’hôtel St Régis. Le Premier ministre a aussi insisté sur l’importance de l’efficience à tous les niveaux. C’est dans ce contexte, dit-il, que le gouvernement a construit une nouvelle aérogare. Les touristes recherchent un traitement de première classe dès leur arrivée dans l’île, et c’est pourquoi ils ne devraient pas s’attarder aux comptoirs de l’aéroport après quelque 13 heures de voyage. Il n’est pas, argue-t-il, nécessaire que les passeports soient visés par quatre différentes personnes et que toutes sortes de questions soient posées car les touristes doivent gagner leurs hôtels au plus vite.
“Ripple effect”
Navin Ramgoolam a aussi estimé que quoi qu’on en dise, Maurice est une « safe destination » par rapport à d’autres pays. Il a reconnu qu’il y a des améliorations à faire et a, dans ce contexte, demandé au ministre du Tourisme d’intervenir auprès des hôteliers pour leur demander de moderniser leurs systèmes de sécurité en introduisant des CCTV dans les lieux publics et des cartes magnétiques dans les portes. Faisant allusion à l’affaire Michaela Harte sans la citer, il a observé qu’un incident peut avoir des « ripple effects » sur l’industrie touristique mauricienne. « Heureusement que cette affaire est derrière nous ; espérons que les coupables soient arrêtés ».
Le PM a invité les hôteliers à faire en sorte que les hôtels ne soient pas des oasis de richesse et à s’intéresser à l’environnement autour. Il a souhaité qu’ils s’approvisionnent auprès des producteurs de leur région. Il a aussi demandé aux hôteliers de ne pas sacrifier les employés au bas de l’échelle pour réduire leurs coûts d’opération. « Pourquoi ne pas regarder en direction de ceux se trouvant au haut de l’échelle ? » a-t-il demandé. « Alors qu’un cadre au plus haut de l’échelle touche jusqu’à un million de roupies par mois, on ne peut pas sacrifier un pauvre barman pour des raisons économiques », a-t-il observé.
Le St Regis Mauritius Resort, qui fait partie du groupe Starwood & Resorts Worldwide, Inc, est le trentième hôtel St Regis dans le monde. Le spectacle donné lors de la cérémonie d’inauguration a été axé sur la célébration de l’histoire du groupe hôtelier, qui remonte à 1904.
Le groupe hôtelier a ouvert plusieurs établissements à travers le monde récemment, notamment à Hainan et à Shenzhen en Chine, à Doha et à l’île Saadiyat, à Abu Dhabi aux Moyen Orient. Le nombre d’établissements hôteliers a doublé en cinq ans.
Le St Régis compte 172 chambres élégantes et des suites variant entre 700 et 2 300 pieds carrés. Quatre restaurants offrent une variété de cuisines. L’hôtel dispose d’un “Irradium Spa”, d’une salle de cinéma de 24 places, d’une salle de lecture et d’autres facilités. Il dispose également d’une salle des fêtes capable d’accueillir 100 personnes.
Le General Manager de l’hôtel, Bernard de Villèle, le président et CEO de Starwood Hotels and Resorts, Frits Van Paasschen, et le propriétaire du St Regis Mauritius Resort, Ashok Uttamchandani, se sont également adressés à l’assistance hier soir