Alors que la population est concentrée par les perspectives de l’arrivée sur notre sol de cas éventuels de coronavirus sur le territoire, une terrible nouvelle allait la sortir de sa panique lorsque la nouvelle que l’entreprise Lab 51, spécialisée dans la fabrication des enseignes publicitaires et située à Pailles, était en feu et que trois des employés étaient pris au piège à l’intérieur. Au fur et à mesure de la soirée la nouvelle dramatique allait tomber, les trois employés ont finalement été retrouvés sans vie.

Yannick Lacoste, le directeur de Lab 51 que Week-End a sollicité pour une déclaration après l’incendie de jeudi dernier a déclaré avec émotion que “cet incendie a causé la mort de trois de mes employés. C’est très dur et pénible pour nous.”  En effet, son responsable des ressources humaines, Serge Rioux (54 ans), et ses graphics designers Fabrice Maurice (23 ans) et Anouska Gokool (32 ans) tous trois, ses employés, ont perdu la vie dans un violent et dramatique incendie, jeudi en début de soirée. Ils n’ont malheureusement pas pu sortir du bâtiment alors que le feu se propageait rapidement et que les pompiers avaient toutes les peines du monde pour la circonscrire dans un premier temps.

Un véritable labyrinthe

Alertés, et une fois sur place, les sapeurs-pompiers des casernes de Port-Louis, de Coromandel et de Curepipe ont quadrillé le bâtiment. “Nous avons déployé des moyens importants et un maximum de nos effectifs pour sauver la vie de ces trois employés. Il n’était pas facile d’avoir accès à ce bâtiment, les lieux étaient un véritable labyrinthe. La mezzanine qui était déjà délabrée et la présence de cloisons en bois et des faux plafonds ont rendu notre tâche difficile et compliquée. Il faut aussi savoir que le bâtiment stockait des produits hautement inflammables tels que du thinner et d’autres solutions”, a expliqué hier à Week-End Dorsamy Ayacootee, Chief Fire Officer (CFO).

Leur tâche a été compliquée car selon les premiers témoignanges il n’y aurait pas d’issue de secours dans le bâtiment.Selon les premiers éléments de l’enquête, les trois employés ont été pris au piège par les flammes et ont péri, selon l’autopsie, par l’inhalation de fumées toxiques.

Le violent incendie et les éléments inflammables étaient en feu et se trouvaient entre les victimes et l’unique sortie principale. Il est indiqué que les trois victimes effectuaient des heures supplémentaires. Et selon une source, un autre employé qui était sur place avec les victimes avait quitté les lieux pour aller chercher de la nourriture pour ses collègues.

Interrogé sur la cause de l’incendie, le CFO a laissé entendre qu’un rapport complet a été déjà soumis hier matin au ministère concerné. “Je ne pourrais pas me prononcer davantage”, a-t-il répondu.

Concernant l’absence d’un « Fire Certificate » au sein de son entreprise il a ajouté : ”Nous allons revoir tout cela en temps et lieu.”A la question de savoir la raison pour laquelle la société Lab 51 ne disposait pas encore d’un « Fire Certificate » malgré une demande, le CFO nous a référés à un autre haut cadre de la Mauritius Fire Rescue Service. “Il est mieux placé pour vous répondre”, nous a-t-il indiqué. Sollicité, le « haut cadre » n’a pas répondu à notre appel.

Mais ils ont confirmé que LAB 51 ne disposait pas d’un Fire Certificate en règle.

Quant aux proches des victimes ils souhaitent que les autorités fassent la lumière au plus vite sur ce drame. Jason, le beau-frère de Fabrice Maurice, s’est dit choqué d’apprendre que la société Lab 51 ne dispose pas d’un « Fire Certificate”. C’est inconcevable. Autant que je sache, c’est une société de renom de par la qualité du travail qu’elle offre à ses clients. Comment se fait-il que la direction n’ait pas accordé une grande importance à cet aspect de sécurité qui concerne la sécurité de ses employés ? Nous allons attendre un peu, le temps de faire notre deuil pour suivre un peu dans quelle direction l’enquête va s’orienter. Nous n’allons certainement pas rester les bras croisés » insiste Jason Norice.

Les familles perturbées

A Résidence La Caverne à Vacoas, où habitait Fabrice Maurice, ses proches sont très perturbés. Jason a appris la nouvelle de l’incendie à travers Internet. Il ne savait pas que son beau-frère Fabrice faisait partie des victimes portées manquantes. “C’est un policier qui avait annoncé la terrible nouvelle à la famille. Nous avons été choqués. Nou pa ti atann ki pou ariv enn kitsoz parey. Il était quelqu’un de très cool et n’avait pas eu des ennuis. Li ti bien affecteux et sensible.” L’on apprend aussi que Fabrice Maurice avait une grande passion pour la moto et qu’il allait fêter ses 24 ans le 29 mars prochain. C’est au collège St-Gabriel qu’il avait appris le métier de graphiste avant de prendre de l’emploi au sein de cette compagnie où il travaille depuis un an.

Mireille Martin, la mère d’Anouska Gukhool qui habite Le Hochet-Terre-Rouge, était inconsolable lorsque que Week-End l’a rencontrée vendredi à l’hôpital de Jeetoo après l’autopsie. “J’avais reçu un appel téléphonique d’un proche vers 19 heures pour m’annoncer qu’un incendie avait éclaté à Pailles où travaillait ma fille Anouska et qu’elle n’avait pas été gravement brûlée. J’ai essayé de l’appeler sur son portable pour prendre de ses nouvelles. Elle n’avait pas décroché mais mo ti garde l’espwar ki mo pou retrouve li. Letan mo ariv kot lisine mo trouve ene gros la fumée dans biro. Ban dimoune pe kriyé pe dire ki ena trois dimoun ki dans endan pas pe capave sorti. Mone compran ki Anouska parmi et les pompiers sur place ont tout essayé pour tentr de les sauver En vain.”

Ignies Laurent, la cousine de la victime Anouska Gukhool a elle appris la nouvelle sur le réseau social. “Un proche m’a appelé quelques minutes plus tard pour me dire que ma cousine a été victime d’un drame avant de préciser que ce n’est pas un accident de moto. Anouska ti enn fan ban gros motocyclette”, se rappelle Igniés que Week-End qui a rencontrée hier. “Anouska ressemblait beaucoup à son grand-père Louis qui avait tout le temps le coeur sur la main. Elle était toujours disposée à aider et à rendre service à chaque fois qu’on la sollicitait.” Anouska venait de souffler sa 32e bougie le 13 février dernier”, raconte sa cousine,” était docile et gentille. Elle est partie trop jeune.”

Enfin, Serge Rioux, un ressortissant étranger de Belgique, habitant Mont-Choisy travaillait comme directeur des ressources humaines au sein de la compagnie Lab 51. “C’était un bosseur. Il aimait beaucoup son travail”, a confié l’un de ses proches à Week-End.