Le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, a demandé ce vendredi à ses officiers d’ouvrir une enquête sur les conditions de travail des employés de Lab 51. « J’ai demandé à mes officiers de la section Health and Occupational Safety Unit d’aller sur place pour faire un constat de la situation. Je vais réunir également les officiers pour rédiger un rapport sur cet incendie », a déclaré le ministre au Mauricien suite à l’incendie de Lab 51, ayant fait trois victimes

Reaz Chuttoo : « Il n’y a jamais eu autant de victimes sur de sites de travail »

La Confédération des Syndicats des Secteurs public et privé (CTSP) dénonce le nombre de décès des travailleurs sur le site travail ces derniers temps. Pour le président de cette confédération syndicale, Reaz Chuttoo, au moins trois cas d’accidents au travail ont été enregistrés depuis le début de l’année. Dans une déclaration au Mauricien, Reaz Chuttoo a déclaré que les différents gouvernements, qui se sont succédé depuis 2005, sont tous « quelque part responsables » de cette situation. « Ces trois décès sont survenus soit, car il n’y avait pas de sortie de secours, soit les victimes ont été prises au piège par les flammes ou soit elles suffoquaient à l’intérieur, car le système d’aération n’est pas en bon état. Si les gouvernements successifs avaient rendu obligatoire la nécessité de remettre une copie du Risk Assessment à ces employés et au ministère peut-être qu’on aurait pu sauver la vie de ces employés. Ce rapport aurait alors indiqué quel type d’aération de cette entreprise aurait dû avoir. En Angleterre, il existe un système d’évacuation des fumées dans les entreprises qui travaillent avec des produits toxiques », a déclaré Reaz Chuttoo.

Il devait souligner que lorsqu’il s’agit de monoxyde de carbone, cette fumée est invisible. « Seul un système d’évacuation peut retirer le monoxyde de carbone. Nous avons passé cinq ans avec ce gouvernement et aucun règlement n’a été publié dans ce sens. Il est vrai qu’on a travaillé sur le dossier dans plusieurs comités », a-t-il fait ressortir.

Il ajoute : « Depuis le début de l’année, le nombre de morts est vraiment inquiétant. Il n’y a jamais eu autant de morts sur le site de travail pour les trois premiers mois de l’année. Nous avons soumis 59 amendements sur la santé et la sécurité et un High Powered Committee a été mis sur pied sous la présidence d’un haut cadre du ministère du Travail et pas plus tard qu’avant-hier, j’ai eu une rencontre pour savoir où en sont les amendements. Il est vrai qu’il y a un gros problème de manque de personnel au ministère du Travail. Ce qui m’inquiète, c’est que le gouvernement a signifié son intention de diminuer ses dépenses pour des raisons économiques. Je pense que le budget du ministère du Travail doit être augmenté pour pouvoir faire des inspections sur le site de travail. »