Les funérailles des jumelles Kayala et Kaira Donald, huit ans, qui ont péri dans l’incendie de leur maison dans la nuit de mercredi à jeudi à Chebel, ont eu lieu hier après-midi en l’église Sacré-Coeur de Beau-Bassin. En début d’après-midi, peu avant que le cortège funèbre ne se rende à l’église, les proches et amis de la famille était réunis en grand nombre pour leur rendre un dernier hommage.
C’est après 15 h que les corps des sont arrivés au domicile des parents du père des victimes, David Donald, dans des cercueils blancs, après les autopsies pratiquées par le médecin légiste. Des cris et des pleurs retentissaient , alors qu’on pouvait entendre des prières. Le convoi mortuaire est ensuite sorti du domicile des Donald pour se rendre à l’église Sacré-Coeur de Beau-Bassin pour la cérémonie religieuse prévue à 16 h, officiée par le père Alex Macca et le curé Eddy Coosnapen.
Lors de son témoignage, Joanna, une cousine de Kayala et Kaira, a parlé de ce que les jumelles représentaient pour elle : « Kayala et Kaira, dès leur naissance, étaient comme des petites soeurs pour moi. Elles avaient toutes les deux un grand coeur et elles étaient douces et chaleureuses. Leur intelligence et joie de vivre était appréciable et elles vont énormément me manquer. Le 14 novembre restera une date horrible dans nos coeurs ».
Après l’Évangile, le père Alex Macca, qui avait célébré la première communion des fillettes en septembre dernier, a déclaré qu’« ensemble dans la foi, Kayala et Kaira sont dans la maison du Père et il est de notre devoir, tous ensemble, de comprendre l’événement afin de pouvoir suivre Jésus dans sa Passion ».
Le violent incendie, qui s’est déclaré dans la nuit du 13 et 14 novembre dans lequel Kayala et Kaira Donald ont péri carbonisées, est un événement des plus douloureux pour la famille Donald et leurs proches. Le grand-père des petites filles, Yves Moutoo, habitant Grand-Baie, nous raconte comment il a vécu ce moment qu’il qualifie d’« inexplicable ». « Kan aksidan la inn arive, monn gagn enn cou de fil mama bann tipti la, mo tifi, ver minwi pase. Li ti en larm letan li dir mwa ki ena dife dan lakaz e ki li dir mwa ki Kayala et Kaira inn mor. Mo pa ti pe krwar kinn arive e mo ti sou le choc », peine-t-il à nous expliquer. « Letan mo rakrose, monn explik Daisy, mo fam, kinn arive e lerla noun pran loto noun vini pli vit posib. Monn resi gard mo sang froid pendan ki mo ti pe kondir parski mo ti pe gard lespwar ». Le moment le plus douloureux, pour ce dernier, fut quand il arriva sur les lieux de l’incendie à Chebel et qu’il a vu les pompiers : « Kan monn arive, mo pe trouv lanbians tou sa ek bann ponpie ki ti la, monn boulverse. Mo premie reflex se rod mo tifi e monn al kot vwazin pou al get li, li pa ti pe kav plore, telman li ti sou le choc ».
Affaibli par l’épreuve, Yves Moutoo ajoute que quelques semaines auparavant, les jumelles étaient venues passer dix jours durant leurs vacances à Grand-Baie. « Banla ti kontan kalin, zot ti bien genti et zot ti transport boukou lazoi en zot. Pou linstan, mo pa pe tro senti sa lapert la mai mo kone ki mo pou bien afekte par. Mo pou bizin boukou couraz ».
Le père des petites filles, David Donald, encore secoué par ce qui lui arrive, ne pouvait dire un mot pour décrire toute la douleur qu’il ressentait.