Réunissant la presse hier en sa résidence de Belle-Terre, Harish Boodhoo a sévèrement condamné la police pour n’avoir pas donné suite à l’enquête qu’elle avait initiée après l’incendie, qu’il considère criminel, perpétré contre sa demeure il y a un an jour pour jour. Aussi fait-il un appel au Premier ministre pour qu’il demande au Directeur des Poursuites publiques de mener une enquête dans cette affaire.
Harish Boodhoo dit ne plus faire confiance à la justice locale, police et judiciaire compris. Il s’étonne qu’« un juge de la trempe d’Eddy Balancy ait été écarté comme Senior Puisne Judge intérimaire », en l’absence du pays du Chef juge, rappelant du coup « ce qu’on avait fait à Arriranga Pillay ».
« Se mo miting ki mo ti fer devan la cour siprem ki bann la finn korij linzistis ki zot ti rod fer. Apre sa miting la, Pillay ti nome sef juge », dit Harish Boodhoo. Il annonce la tenue d’un autre meeting, encore une fois devant la Cour suprême, dans les jours suivant le jugement du Privy Council sur l’appel qu’il fait contre le jugement de la Cour de district de Port-Louis le condamnant à une amende de Rs 10 000 pour la manifestation contre la Sale by Levy.
« Quelle que soit la décision du Privy Council, je tiendrai ce meeting, parce que j’ai beaucoup de choses à dire ».
En ce qui concerne la police, Harish Boodhoo soutient que l’actuel commissaire de police « est le pire de tous les CP que l’on ait eus, en ce sens qu’il ne contrôle plus la situation au sein même de la force constabulaire ». Il trouve que le NSS et la VIPSU font la pluie et le beau temps, ces deux unités allant jusqu’à avoir la main haute sur ce est décidé aux Casernes centrales. En outre, il se demande pourquoi Dhun Iswar Rampersad ne répond jamais aux correspondances qui lui sont adressées.
« C’est une situation dangereuse même pour le gouvernement, voire pour le Premier ministre. C’est comme si c’est le NSS qui décidait qui doit être libre de ses mouvements. Regardez Anil Gayan, c’est maintenant que l’ICAC enquête sur une histoire datant de dix ans ».
Parlant de l’incendie du 1er mars 2011, Harish Boodhoo affirme que les auteurs ont cherché à le déstabiliser, lui et ses proches, afin qu’il cesse ses critiques contre certains. Et d’affirmer qu’il avait vécu pareil épisode sous un précédent pouvoir. « Tigit mizer ti fer nou, anvoy taper dan nou miting, kas 5 ledan ar Mamou Gungoosing, teroriz mo bann fami, etc. » allègue-t-il.
Il affirme que l’année dernière, il avait commencé à poser des questions sur « la fortune du clan Jugnauth ». Mais c’est ce qui s’est passé après l’incendie qui retient le plus son attention quant à la façon d’opérer de la police.
D’abord, il retient le fait qu’aucun haut gradé de la force ne s’est rendu sur place afin de faire un constat de visu des dégâts, « comme cela a été le cas à Quinze-Cantons ». Ensuite, il a noté que plusieurs effectifs du NSS se sont dérangés expressément pour prendre les noms de tous ceux qui sont venus sympathiser avec lui. En leur passant des messages sans équivoque, dit-il, il s’agissait pour eux de faire pression sur ses proches et ses amis pour qu’ils coupent tout lien qu’ils pourraient avoir avec lui, cela dans le but de l’isoler.
C’est pour cela qu’en dépit de tout ce qui le sépare du PM et de toutes les critiques que celui-ci a formulées contre lui, il fait appel à Navin Ramgoolam. « Mo siplye DPP pou ki li fer lanket lor sa lincendi la », conclut Harish Boodhoo.