L’enquête judiciaire instituée par le directeur des poursuites publiques concernant l’incendie survenu le 1er mars 2011 au domicile d’Harish Boodhoo a débuté dans la matinée d’hier au tribunal de Curepipe, devant le magistrat Kevin Moorghen. Les premiers à être appelés à la barre étaient Harish Boodhoo et son neveu, Rajesh Boodhoo, qui ont relaté, au détail près, les circonstances de l’incendie.
L’incendie survenu au domicile d’Harish Boodhoo avait causé des pertes importantes à ce dernier, notamment les deux véhicules qui se trouvaient dans son garage, lieu où le feu a commencé, de nombreux livres et la partie avant de son domicile. Lors de la première séance de l’enquête judiciaire, le parquet, représenté par Me Priya Ramphul, a questionné en premier lieu le neveu d’Harish Boodhoo, Rajesh Boodhoo, le propriétaire des véhicules qui ont pris  feu le 1er mars 2011.  Ce dernier, qui habite avec sa famille au même domicile que Harish Boodhoo, a fait comprendre que c’est vers 2h45 du matin qu’il a entendu une alarme sonner dans son van. Il s’est levé et devait voir que son van était en feu. Il a tenté d’éteindre le feu mais en vain. Rajesh Boodhoo  a déclaré que c’est sa fille qui est allée réveiller son oncle pour lui relater les événements. Répondant à une question de la poursuite concernant le temps qu’ont pris les pompiers pour intervenir, Rajesh Boodhoo devait déclarer qu’ils sont arrivés sur les lieux après plus d’une heure. Il devait ajouter que lors de l’incendie des voisins étaient présents mais aucun individu suspect.
Harish Boodhoo, appelé à la barre, devait déclarer qu’il a été prévenu par la fille de son neveu que le van qui se trouvait dans le garage avait pris feu. Il avait tout de suite appelé les autorités concernées. Il a déclaré que lorsque le van était en feu, il était impossible de dégager la voiture vu la structure du garage. Suite à une question de la poursuite concernant les personnes présentes à son domicile à ce moment-là, Harish Boodhoo devait déclarer qu’il y avait sa belle-soeur, son neveu et sa femme, ainsi que sa fille qui se trouvaient sous la véranda ; des voisins se trouvaient sur la route pour constater le drame. Il a ajouté qu’il avait peur que le feu qui émanait des véhicules provoque une explosion et a demandé à ses proches d’aller dans la cour, loin du garage. Selon Harish Boodhoo, la police est arrivée sur les lieux 30 minutes après son appel alors que les pompiers seraient venus plus d’une heure après, alors que selon lui le trajet entre les casernes et sa maison peut prendre 10 à 15 minutes. Questionné sur l’évolution du feu, l’ancien politicien devait déclarer qu’après que le van eut pris feu, la voiture n’a pas été épargnée, propageant le feu jusqu’à la véranda où des meubles avaient été happés par les flammes. Questionné sur le fait que des voisins auraient entendu ou vu quelque chose, il a déclaré qu’un habitant de la région, qui habitait près d’un champ de cannes, aurait entendu des personnes courir en direction des champs de cannes lorsque le feu avait pris. Ce témoin avait même confirmé cette thèse à la police. Selon Harish Boodhoo, les dégâts s’évaluent à quelques millions. Il indique que la fumée s’est propagée dans une partie de sa maison et déplore avoir perdu plusieurs livres qui lui sont cher. Le toit de sa maison a également été affecté par les flammes qui se propageaient de la véranda. Lorsqu’il lui a été demandé s’il suspectait des personnes d’être derrière cet incendie, Harish Boodhoo a déclaré qu’il suspectait un activiste politique et un membre d’une organisation socioculturelle. Il déclare avoir eu des démêlés avec eux dans le passé  depuis qu’il avait initié le scandale MedPoint et qu’il avait dénoncé plusieurs autres scandales à la presse et dans les médias.
Par ailleurs, lors de la séance, la liste des témoins a été amendée et la poursuite a remis un livret de 22 photos de la scène de l’incident. Harish Boodhoo avait demandé une visite des lieux à son domicile. Le magistrat Kevin Moorghen lui a fait comprendre qu’il a en sa possession toutes les informations nécessaires concernant l’incendie mais que s’il sentait le besoin d’une visite des lieux après l’enquête judiciaire, il le fera. La prochaine séance est prévue pour le 9 avril.