Visitant hier après-midi les champs de canne incendiés le week-end dernier à Mont-Piton, le ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, a déclaré qu’il s’agissait de l’oeuvre de certaines personnes. « C’est un acte criminel grave et sérieux dont le coupable risque 20 ans de prison », a-t-il déclaré à la presse, après cette visite en compagnie des responsables de l’établissement sucrier Terra Ltée. Environ 40 000 tonnes de canne, appartenant principalement aux établissements sucriers, auraient été détruites.
« Selon les constats, il ne s’agit pas d’un acte isolé. Il est highly indicative d’un acte criminel », a répondu le ministre à une question du Mauricien sur les éléments qui laissent à penser qu’il s’agit d’un acte criminel. Il a ajouté que c’est à la police maintenant d’établir l’identité des coupables. Selon lui, la police a agi très vite et des dispositions ont été prises afin de retracer les responsables de cet acte. « De notre côté, nous faisons un appel à ceux qui détiendraient des informations à ce sujet de les communiquer à la police », a lancé Satish Faugoo. Il a soutenu qu’il n’y avait pas de programme d’incendie volontaire prévu dans la région le week-end dernier.
Le ministre a fait part de sa tristesse en voyant ces grandes étendues de champs de canne dévastées par le feu dans plusieurs régions du pays. « C’est une perte économique conséquente pour le pays, surtout que nous n’avons pas encore terminé avec la réforme de cette industrie. D’un côté, nous sommes en train de rendre ce secteur compétitif et viable à long terme et de l’autre côté, on incendie les champs pour freiner la réforme et la productivité », a-t-il déclaré. Déjà, a poursuivi Satish Faugoo, la récente sécheresse a affecté les champs et l’on prévoit moins de cannes pour la présente récolte. « Ces incendies viennent s’ajouter aux autres problèmes auxquels nous devons faire face », a-t-il dit.
S’agissant des nouvelles mesures prises au niveau des usines, le ministre a indiqué que les cannes brûlées auront priorité pour le broyage. Mais, a-t-il prévenu, les planteurs ne doivent pas profiter de cette situation pour brûler, à leur tour, leurs champs. « Si quelqu’un le fait, ce sera dommage pour lui. Il aura à attendre pour que ses cannes soient transportées à l’usine en vue d’y être broyées », a-t-il affirmé.
À ce sujet, le General Manager de Terra Ltée, Jean-Arthur Lagesse, a indiqué que l’usine va revoir le quota de tous les planteurs. « Nous pensons pouvoir acheminer entre 6 000 et 6 500 tonnes de ces cannes brûlées à l’usine quotidiennement », a-t-il déclaré. Arthur Lagesse a ajouté qu’on est en train de travailler sur les pertes économiques liées à ces incendies. « Plusieurs éléments devront être pris en considération, dont les cannes immatures qui doivent être récoltées, le desséchement des cannes vers la fin de la récolte et aussi le fait que ces champs se trouvent dans des zones non-irriguées. Cette situation affectera également la prochaine récolte », a-t-il laissé entendre. Mais, selon lui, tout cela se traduira en des pertes relativement importantes pour l’industrie.