Après plus d’une semaine d’opération laborieuse à Mare-Chicose, en vue de venir à bout de l’énorme incendie affectant les activités de ce centre d’enfouissement, les sapeurs-pompiers voient enfin le bout du tunnel. Les averses depuis hier après-midi ont joué en faveur des pompiers affectés 24h/24 à Mare-Chicose et également à la Chaumière ; la situation est complètement sous contrôle avec un retour à la normale dans les prochains jours. Toutefois, la situation au dépotoir de Roche-Bois semble de son côté très complexe avec des incendies à répétition depuis la semaine dernière. L’éventualité que ce sinistre relève d’un acte criminel n’est pas à écarter.
Les sources approchées tendent à confirmer que l’incendie, qui s’est déclaré lundi 21 aux petites heures du matin au centre d’enfouissement de Mare-Chicose, est circonscrit à 90 %. Les opérations prendront fin dans les prochains jours. Concernant la région de Saint-Martin, soit à la Chaumière et sur le site de compostage de la Solid Waste Recycling Ltd juxtaposé, le sinistre est cleared-off à 80 %. Avec les développements ces dernières heures, l’exercice à La Chaumière devra fort probablement être bouclé en fin d’après-midi aujourd’hui. « La pluie accélère le processus des opérations et nous permet de venir à bout de l’incendie de Mare-Chicose plus facilement. Cette pluie détruit les étincelles, apaise la chaleur ainsi que la fumée. À La Chaumière, l’incendie était circonscrit à 70 % avant les averses et à 80 % ce matin », indique un des pompiers se trouvant au coeur des opérations depuis ces incendies en série.
Si les opérations à Mare-Chicose et à La Chaumière sont en passe d’être bouclées dans les meilleurs délais, le dépotoir de Roche-Bois fait de la résistance avec des incendies à répétition depuis la semaine dernière. Le site était de nouveau opérationnel vu que le sinistre à Mare-Chicose a paralysé les activités. Cependant depuis la réouverture, les incendies se sont succédé, nécessitant plusieurs interventions des sapeurs-pompiers qui présentent ce dépotoir comme un véritable « black spot ». « À première vue, ces sinistres semblent être de nature accidentelle sauf pour Roche-Bois. Avec des incendies à répétition depuis la semaine dernière, nous avons tendance à penser qu’il pourrait s’agir d’un acte criminel. Mais nous devons attendre les conclusions des enquêtes initiées pour y voir plus clair », fait comprendre un officier des Government Fire Services. Toutefois, aucun incendie n’a été relevé dans ce dépotoir dans la matinée.
Les sources autorisées approchées aux Casernes centrales confirment que des enquêtes ont été initiées en vue de déterminer la cause des incendies au centre d’enfouissement de Mare-Chicose, au centre de transfert de La Chaumière, au site de compostage de la Solid Waste Recycling Ltd et au dépotoir de Roche-Bois. « En attendant les conclusions des enquêtes, nous pouvons spéculer que les vagues de chaleur de ces derniers jours y sont pour quelque chose. Très souvent, un incendie peut se déclarer avec un simple fond de bouteille sous l’impact de la chaleur. En principe, la température est assez élevée à Roche-Bois et à La Chaumière, rendant cette thèse plausible. Mais à Mare-Chicose, la température étant peu élevée, il est peu probable que l’incendie à Mare-Chicose soit dû à la chaleur. Toutefois, ces cas enregistrés depuis la semaine dernière méritent une enquêtent approfondie pour que ce genre de choses ne se répètent pas à l’avenir », explique-t-on.
Entre-temps, la Plateforme Maurice Environnement, regroupant une quinzaine d’ONG mauriciennes et des militants dévoués à la cause environnementale et sociale, attire l’attention sur le traitement de la montagne de cendres après que les incendies ont été circonscrits. « Pour ce genre de déchet de combustion, qui s’apparente aux cendres de charbon et au bottom ash des incinérateurs de Municipal Solid Waste, il faut suivre un protocole de “mise en décharge”. D’après la législation mauricienne, un déchet qui contient des traces de métaux lourds, entre autres, est classé dangereux (hazardous waste). Dans le cas de l’incinérateur de La Chaumière, la gestion des cendres était un point très litigieux, la structure en béton proposée par les promoteurs sur le site n’étant pas considérée comme étant suffisamment sécurisée pour éviter la fuite de substances toxiques dans le sol et donc dans la nappe phréatique », indique Adi Teelock, membre de la plateforme.
Par ailleurs, revenant sur la fumée qui encombre les habitants de la région de Mare-Chicose depuis le début de cet incendie, la Plateforme Maurice Environnement s’interroge sur les équipements à la disposition du ministère de l’Environnement pour évaluer la qualité de l’air. « Les autorités mauriciennes sont-elles équipées pour évaluer la qualité de l’air pour les composantes les plus nocives, telles la dioxine, avant de se prononcer ? Par exemple dans le cas d’une personne qui irait faire un bilan de santé avec une prise de sang mais où serait exclu le cholestérol. Si tous les résultats du test sont satisfaisants, cela veut-il dire que le patient est en parfaite santé ? Ce qu’il faut savoir, c’est que les effets sur la santé ne sont pas immédiats, mais se révèlent dans le temps… », soutient Adi Teelock.