Invité à réagir sur la bousculade qui aurait eu lieu, lundi, au gymnase national à Vacoas et dans lequel il serait impliqué avec Anthony Madanamootoo, l’ex-entraîneur national Ravi Bhollah déclare qu’ « il n’y a pas vraiment eu de bousculade entre nous et personne n’a été blessé. D’ailleurs, un préposé qui était là au moment des faits peut en témoigner. Il a déjà donné sa version des faits au MJS ».
Ravi Bhollah explique que l’incident a éclaté au moment où il a dû informer, par l’entremise du préposé de service, qu’Anthony Madanamootoo ne pourrait plus s’entraîner au gymnase sans la présence d’un superviseur, après qu’il a fait part déjà en août qu’il ne s’entraînerait plus avec lui mais avec l’assistant-entraîneur national, Gino Souprayen. « Mais l’athlète a insisté pour entrer dans le gymnase en déclarant qu’il était venu pour s’entraîner et que personne ne pourrait l’en empêcher ».
Ravi Bhollah aura ensuite demandé « à Cédric Coret, le représentant des athlètes, de lui répéter la même chose, mais l’athlète a refusé de partir. Emmanuel Monique, membre du comité, lui a ensuite parlé dans le même sens. Mais c’était toujours sans effet. C’est alors et en dernier lieu je suis intervenu. Mais il a toujours refusé de suivre mon conseil. Alors, j’ai dû demander à tout le monde, Madanamootoo inclus, de sortir du gymnase. J’ai invité le principal concerné à lire les règlements du MSC qui sont pourtant très clairs sur ce point. Il est alors parti, probablement dans les vestiaires. Un peu plus tard, son père est arrivé et a demandé à parler à Jonathan Coret pour avoir des explications. Même si le ton est parfois monté, il n’y a jamais eu de bousculade ni de blessure ».
Mais la question que l’on pourrait se poser, en sachant qu’Anthony Madanamootoo étant encore mineur, est s’il ne valait-il pas mieux que Ravi Bhollah attende l’arrivée de son père au gymnase au lieu de le renvoyer seul chez lui ? S’il était arrivé quelque chose à l’athlète, qui à la fédération aurait accepté d’en porter la responsabilité ?
Du côté du MJS, on confirme effectivement avoir reçu un rapport des faits d’un préposé qui était là au moment des événements et qu’après analyse du contenu, celui-ci concordait avec celui effectué par Ravi Bhollah. « On en a déduit que la version opposée était fausse. Donc, quelqu’un a dû donner une dimension excessive de ce qui s’est réellement passé. Pourquoi doit-on tomber à ce niveau ? L’athlète et la fédération doivent assumer leurs responsabilités, d’autant qu’Anthony Madanamootoo est un mauvais exemple étant sous le coup d’une suspension pour dopage ». Mais on peut toutefois se demander comment le MJS a pu tirer ses conclusions sans avoir obtenu tout au moins au préalable les versions de l’athlète et de son père.
Dopage : Madanamootoo écope d’un an de suspension
À propos justement de ce cas de dopage survenu le 19 avril dernier lors des championnats d’Afrique juniors en Tunisie en 69 kg, Anthony Madanamootoo devait encourir normalement deux ans de suspension. Mais après sept mois, la sentence n’a toujours pas été prononcée. Toutefois, la fédération internationale s’est penchée sur le cas en début de semaine au congrès qu’il tenait lundi et mardi lors des mondiaux d’Almaty au Kazakhstan (4-16 novembre). L’athlète a finalement écopé d’une réduction de suspension de deux à un an, nous a informé hier après-midi le président de la FMH, Poorun Bhollah.
« Il a bénéficié à cause de son jeune âge (15 ans) de la clémence de l’IWF, qui a jugé qu’il a pu consommer par accident un tel produit (Stanozolol, un anabolisant) ou l’a fait à travers la prise de compléments vitaminés, et qu’il était ignorant et innocent. De plus, ce produit n’est pas disponible en pharmacie à Maurice. Ensuite, l’IWF se tient au fait que Maurice n’est pas un pays où règne le dopage. Nous allons donc payer les $ 5 000 (?Rs 150 000) d’amende infligée par la fédération internationale. Mais le plus important pour nous maintenant est d’instituer un comité d’enquête pour faire la lumière et d’en désigner les coupables. Nous avons un délai de 20 jours.
« Quant au représentant de l’athlète auprès de l’IWF, ce n’était autre que le père de l’athlète, Jack Madanamootoo qui, dans l’un des récents rapports soumis à l’IWF, selon le MJS, a fait part que ce sont les produits vitaminés offerts par la fédération qui ont contaminé son fils. Or, ce sont de graves accusations portées à la fois envers la fédération, le MJS et toutes autres parties impliquées. S’il a aussi déclaré que sa famille était honnête, n’ayant jamais eu de démêlés avec la police, Jack Madanamootoo n’a par contre jamais dit qu’il était culturiste.
« Il nous reste donc à convoquer un comité d’enquête composé d’un pharmacien, d’un représentant du MJS et d’un homme de loi pour faire la lumière et trouver le (les) coupable (s) dans toute cette affaire. Si les conclusions incriminent Anthony Madanamootoo, il peut être banni de notre fédération. Nous préparons également un dossier complet sur toute l’affaire avant de l’envoyer à l’IWF », déclare Poorun Bhollah