La cité Martial, à Plaine-Verte, a été le théâtre de violents incidents dans la nuit de jeudi à vendredi. Ces incidents, qui ont fait dix blessés, dont un jugé dans un état « très sérieux » par la police, a pour toile de fond des démêlés conjugaux. À hier, aucune arrestation n’avait encore été effectuée mais « ceux-ci ne sauraient tarder », indiquait-on dans le giron des Casernes centrales. Trois suspects, dont un très connu des milieux policiers, sont activement recherchés…
Selon les informations disponibles de sources policières, c’est vers 22 h 50 jeudi soir que des policiers de Plaine-Verte ont été sollicités pour une intervention chez la famille Abdoolakhan, de Cité-Martial. Lorsque les policiers sont arrivés sur place, environ une centaine de personnes s’étaient déjà massées devant la maison des Abdoolakhan. La situation était déjà très tendue après qu’une dispute a éclaté entre les membres de la famille d’une femme mariée, née Abdoolakhan, en instance de divorce, des proches du nouveau compagnon de cette dernière, ainsi que ceux de l’ex-mari.
À l’intérieur de la maison, alors que la querelle faisait rage entre les familles belligérantes, la foule, composée d’habitants de Vallée-des-Prêtres, mais aussi de Plaine-Verte, n’a cessé de grossir. Certains esprits surexcités devaient alors se mettre à lancer des pierres en direction de la maison. À un moment donné, les personnes qui étaient à l’intérieur de la maison sont sorties et ont poursuivi la dispute, ce qui n’a pas manqué d’attiser la colère de la foule, qui semblait avoir pris fait et cause pour une des parties concernées.
Entre-temps, un des suspects recherchés par la police s’est mis à endommager la 4×4 du nouveau compagnon de la femme. Ce véhicule, une Isuzu de couleur blanche, qui était garée devant la maison des Abdoolakhan, a subi la colère de l’assistance. Un des suspects recherchés a, selon la police, desserré le frein à bras de la 4×4, et aidé d’autres personnes, a poussé ledit véhicule vers une fourgonnette de la police, immatriculée 138 RM 08. Les deux véhicules, notamment la 4×4 ont été fortement endommagés. Certains des émeutiers se sont acharnés sur la Isuzu blanche à coups de barres de fer. Selon certaines sources, le compagnon de la femme habitant la maison des Abdoolakhan aurait fait appel à des proches d’un groupuscule pour venir lui prêter main forte, ce qui n’aurait fait qu’attiser la colère de la foule…
Tandis que certains des émeutiers avaient franchi la clôture de la maison, l’inspecteur de police Deehoo et son équipe de la Divisional Support Unit (DSU) de Port-Louis Nord, tentaient de raisonner les fauteurs de trouble, qui s’étaient mis à lancer des briques en direction de ladite maison. En dépit de l’intervention des éléments de la Special Supporting Unit (SSU), de la DSU et de l’Emergency Response Service (ERS), l’inspecteur Deehoo, de même que neuf autres personnes, ont été blessées. L’inspecteur de police, de même qu’un journaliste, ont été agressés, menacés et intimidés. Parmi les blessés dénombrés, Muzafar Aktar Saib, un habitant de Vallée-Pitôt, âgé de 37 ans. Ce dernier qui a été admis à l’Intensive Care Unit (ICU) est dans un état jugé « très grave » par la police.
Il a fallu plus de trois heures avant que la police ne reprenne le contrôle de la situation, soit aux alentours de 2 h 00 vendredi matin. D’importants dispositifs policiers ont été déployés afin de maintenir l’ordre et la paix dans le quartier.
Du côté des Casernes centrales, on laissait entendre hier matin que l’enquête policière dans cette affaire progressait « de façon satisfaisante » et que des arrestations – au moins trois – « ne sauraient tarder ». Cependant, assure-t-on dans les mêmes milieux, la police agit « avec beaucoup de précaution, vu la nature extrêmement sensible de ce dossier ».