L’ambassade du Japon à Maurice renouvelle son soutien à l’organisation non gouvernementale SOS Poverty. Une enveloppe financière de 75 936 euros (environ Rs 3 M) lui a été accordée pour la construction d’un Centre d’activités pédagogiques à Camp-Yoloff, une des régions de la périphérie port-louisienne où oeuvre principalement cette ONG en faveur de l’inclusion sociale des plus démunis.
Un échange de signatures a eu lieu à cet effet lundi entre la présidente de SOS Poverty, Saajidah Dauhoo, et Shigeru Tokuyasu, Ministre Conseiller de l’ambassade du Japon à Maurice, dans le cadre d’un programme de coopération financière intitulé « Aide sous forme de dons aux Micro Projets locaux contribuant à la sécurité humaine (APL) ».
Le Japon place l’éducation parmi les enjeux contribuant à la sécurité humaine et Camp-Yoloff et la région voisine de Roche-Bois font partie des poches de pauvreté à Maurice où l’accès à l’éducation est compromis par le manque de moyens financiers des familles, l’absence d’infrastructures d’accueil entre autres pour les touts petits et les enfants du cycle primaire qui ont besoin d’un accompagnement scolaire. Dans son allocution, M. Tokuyasu a assuré le gouvernement mauricien de la volonté du Japon à poursuivre sa collaboration à la concrétisation de microprojets et à l’amélioration du niveau de vie des plus pauvres. En 2010, Maurice avait, sous ce même programme de coopération, bénéficié d’un financement de 70 821 euros, soit Rs 3 M, pour la réhabilitation d’un centre éducatif à Cité-Barkly.
Pour sa part, Mme Dauhoo a salué « la collaboration soutenue de l’Ambassade du Japon aux projets d’inclusion sociale de SOS Poverty », rappelant qu’en 2011, l’ambassade avait fait don à l’ONG d’équipements et d’un véhicule utilitaire dans le cadre de la création de trois écoles de formation à Vallée-Pitot : celles de coupe et couture, de formation à la pâtisserie et de formation au métier de garde-malade. Ces trois écoles poursuivent avec succès leur programme d’empowerment des femmes, l’un des terrains d’action se situant en amont du combat contre la pauvreté, estime la présidente de l’ONG. « Dès ses débuts SOS Poverty était convaincue que le combat contre la pauvreté et l’exclusion sociale se situe principalement à deux niveaux : l’éducation inclusive pour le développement intégral du jeune enfant et l’émancipation économique des familles, en particulier les femmes. »
Nombre de mères de familles ont pu ainsi recourir aux structures d’accueil pour leurs jeunes enfants, leur permettant de suivre les cours précités pour de meilleures chances d’employabilité. D’où la décision de répliquer ces projets, à Camp-Yoloff où depuis 2010 un terrain à bail d’une superficie d’environ 175 toises a été accordé par le gouvernement à SOS Poverty. Les démarches administratives sont en cours auprès de la municipalité de Port-Louis pour l’obtention des permis de construction d’une crèche, d’une école maternelle sur la réplique de Les Abeilles à Vallée-Pitot, et la mise en place d’un programme d’accompagnement scolaire. « Les travaux débuteront dans un mois ; il faudra compter environ un an avant l’ouverture du Centre d’activités pédagogiques, le temps de trouver d’autres financements pour l’acquisition du mobilier. Nous espérons ouvrir au plus tard à la rentrée 2015 », indique Saajidah Dauhoo au Mauricien. Un appel est lancé à cet effet, de même qu’à l’enregistrement de volontaires. Une cinquantaine de familles de Camp-Yoloff et Roche-Bois devraient bénéficier des facilités envisagées. Les locaux compteront 3 à 4 salles de cours, outre le bloc administratif et les cuisines pour la préparation des repas des enfants de la maternelle.
Depuis ses débuts il y a une dizaine d’années, SOS Poverty offre chaque jour un repas chaud aux enfants qu’elle accueille. Cette aide non négligeable est couplée à la contribution financière optionnelle des parents pauvres selon leurs moyens. L’ONG accueille également un pourcentage d’enfants de familles à revenus stables et dont les contributions suppléent à l’éducation des plus pauvres. Une manière aussi d’assurer que les enfants de différentes provenances socio-économiques se mélangent et socialisent, confie notre interlocutrice. L’organisme emploie une quinzaine de personnes, dont un travailleur social, une vingtaine de volontaires et offre aussi depuis quelques années une formation en technologies informatiques.